Pourquoi nous avons peur des robots
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Pourquoi nous avons peur des robots

Écrit par La rédaction de Books publié le 17 février 2017

Astro Boy, Takayuki Miki

Le Parlement européen a adopté jeudi 16 février un texte sur le statut des robots. Alors que des programmes sont sur le point de conduire des voitures et que les machines s’essaient à de plus en plus de métiers, le robot fait peur. Une inquiétude spécifiquement occidentale, assure la sociologue Brigitte Munier. Dans Robots. Le mythe du Golem et la peur des machines, elle explique que « la crainte occidentale contemporaine de machines intelligentes menaçant de gouverner l’humanité camoufle une angoisse ancienne et croissante, celle de ne plus trouver de sens à la nature et à la vie de l’homme ».

Selon elle, à chaque époque correspond un mythe qui permet à la civilisation d’extérioriser ses inquiétudes et ses aspirations. Aujourd’hui, la figure du Golem ou du robot domine la culture populaire, de la littérature au cinéma. Le Golem est cette créature humanoïde à base de glaise fabriquée par un rabbin pour défendre sa communauté. Il finit par se révolter et son inventeur doit le détruire. Le mythe populaire juif est développé par Mary Shelley dans Frankenstein au début de la révolution industrielle. Il exprime la peur du pouvoir du progrès scientifique face à la morale. Mais c’est en 1920 que le Golem acquiert sa figure moderne. Karl Capek dans sa pièce R.U.R forge le mot « robot ». La machine a pris depuis diverses formes, de Matrix à Robocop. Mais la question qui anime ces histoires reste la même : qu’est ce qui différencie le robot des humains ?

Une question qui ne se pose pas dans d’autres parties du monde. « Nous avons défini l’homme pendant plus de 25 siècles en Occident comme ayant une âme dotée d’une origine transcendante, écrit Brigitte Munier. Les Japonais n’ont pas cette vision. Pour eux, l’âme est immanente, elle est ici-bas. Voilà pourquoi ils n’ont pas cette peur. » Ils ont d’ailleurs fait d’ « Astro le petit robot » le symbole de l’espoir après la Seconde guerre mondiale. La société japonaise voit dans la machine un compagnon, un auxiliaire : bref, un alter ego.

En savoir plus : Homme et machine : la phase du miroir, Hermès, 2014 ; Les robots vont-ils nous remplacer ? , Books, janvier 2015.

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