Réhabilitation d’une femme
« Gouine mal baisée », « réactionnaire », « autoritaire »… Alice Schwarzer a été traitée de tous les noms. Aujourd’hui, cette grande figure (et grande gueule) du féminisme allemand publie son autobiographie. Les journaux qui l’insultaient hier l’encensent désormais, et le lectorat la plébiscite.
Le Livre
« Gouine mal baisée », « réactionnaire », « autoritaire »… Alice Schwarzer a été traitée de tous les noms. Aujourd’hui, cette grande figure (et grande gueule) du féminisme allemand publie son autobiographie. Les journaux qui l’insultaient hier l’encensent désormais, et le lectorat la plébiscite. Schwarzer revient sur les trente-cinq premières années de sa vie (les décennies suivantes seront traitées dans un second volume) : la grossesse non voulue de sa mère, ce père qu’elle n’a jamais connu, son éducation par ses grands-parents, puis l’escapade à Paris qui devient un exil heureux et libérateur. La jeune Alice y découvre sa double vocation de journaliste et de militante. Elle se lie avec Simone de Beauvoir, publie un entretien avec Jean-Paul Sartre et tente d’importer le mouvement féministe en Allemagne. « En 1971, c’est à son initiative et sur le modèle français qu’est lancée dans le magazine Stern la campagne “J’ai avorté” », rappelle le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pour le Frankfurter Rundschau, cette autobiographie « nous replonge dans l’atmosphère ultrasexiste d’une époque où un mari pouvait mettre fin à l’emploi de son épouse sans lui demander son avis ».
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