Haro sur les inégalités culturelles
Selon un politologue controversé, c’est son attachement tacite aux valeurs traditionnelles qui explique le succès économique de l’élite américaine, malgré ses idées progressistes.
Le Livre
C’est l’un des leitmotivs du Tea Party : les Américains pauvres sont restés fidèles à la religion et aux valeurs morales traditionnelles, tandis que les classes aisées s’en sont écartées. Rien n’est moins vrai, souligne le politologue conservateur Charles Murray. Dans Coming Apart, il reprend à son compte le diagnostic, souvent fait, d’une fracture sans précédent au sein de la population blanche américaine. Une fracture selon lui culturelle et morale, davantage qu’économique.
Malgré leurs idées progressistes, les bourgeois de la côte Est ou de Californie ont en effet un mode de vie plutôt conservateur : ils vont à la messe, travaillent dur et divorcent peu. Du côté du prolétariat blanc, le contraste est net : « Moins d’un enfant sur trois est élevé par ses deux parents biologiques. Une proportion hallucinante d’hommes réclame une pension d’invalidité. Et le recul de la pratique religieuse érode le capital social que procurait hier l’appartenance à une Église », résume Nicholas Confessore dans le New York Times.
Mais, en isolant la question des valeurs, Murray néglige délibérément les facteurs économiques. Dans ce liv (...)
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