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Mardi 14 février 2012

Numéro 29

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Japon – Le bon vieux temps des PME

Paru en novembre 2010, Shitamachi roketto (« La fusée de Shitamachi ») est en tête des ventes au Japon depuis le début de l’été 2011. En raison de l’attribution, en juillet, du prestigieux prix Naoki à ce roman de Ikeido Jun ? Pas seulement, estime le Sankei Shimbun. Le quotidien conservateur nippon analyse la popularité du livre – plus de 320 000 exemplaires vendus – au regard des bouleversements intervenus dans le pays depuis le 11 mars 2011.

Le Livre

La fusée de Shitamachi
- shitamachi roketto

Paru en novembre 2010, Shitamachi roketto (« La fusée de Shitamachi ») est en tête des ventes au Japon depuis le début de l’été 2011. En raison de l’attribution, en juillet, du prestigieux prix Naoki à ce roman de Ikeido Jun ? Pas seulement, estime le Sankei Shimbun. Le quotidien conservateur nippon analyse la popularité du livre – plus de 320 000 exemplaires vendus – au regard des bouleversements intervenus dans le pays depuis le 11 mars 2011. Le séisme qui a alors frappé le nord-est de l’Archipel est venu rappeler aux Japonais quelques réalités. Le cataclysme a notamment porté un coup sévère au tissu industriel local, composé essentiellement de petites et moyennes entreprises, celles-là mêmes qui ont joué un rôle clé dans le développement de l’Archipel depuis les années 1950. Sans ce tissu serré de sous-traitants, les grandes firmes nippones n’auraient pu connaître pareille expansion. Or ce sont eux qui souffrent le plus de la crise qui frappe le Japon depuis l’éclatement de la bulle financière en 1990.

Pour le Sankei Shimbun, en choisissant de s’intéresser au sort d’une de ces PME, Ikeido Jun séduit « des Japonais nostalgiques de l’époque où le dynamisme du pays était porté par ces petites entreprises ». Il décrit en effet le combat mené par le patron d’une société spécialisée dans les composants de précision pour l’aéro­spatiale face à un géant qui tente de l’étouffer juridiquement.De son côté, le mensuel littéraire Da Vinci rappelle que le mot shitamachi utilisé dans le titre de l’ouvrage désigne également les quartiers populaires des villes, autrement dit leur poumon, qui ont eu eux aussi tendance à perdre leur caractère au fil des dernières décennies. Autant dire que la seule évocation des shitamachi permet de réveiller chez les lecteurs des souvenirs enfouis, note le magazine.

Mais tout cela ne suffit pas à ex­pliquer le succès de ce roman. « L’écriture simple et juste d’Ikeido, son style direct et ses personnages taillés au cordeau lui donnent une force littéraire à laquelle il est difficile de résister », précise Da Vinci. Aujourd’hui,  le livre, qui a fait l’objet d’une adaptation télévisée sur la chaîne Wowow – l’équivalent de Canal+ –, jouit d’une popularité telle que l’hebdomadaire économique Nikkei Business s’est récemment permis de publier une série d’articles intitulée : « Sauvons Shitamachi roketto de la forte hausse du yen ! » Shitamachi roketto est tout simplement devenu un synonyme de PME au Japon.

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