Le Hessel transalpin
L’essai politique insurgé de Giorgio Bocca, mort en décembre dernier, a conquis la Péninsule.
Le Livre
« Nul besoin d’aller trouver un Hessel en France pour lire une remarquable conscience critique de notre époque », annonce en Italie la quatrième de couverture de « Non, merci », l’ouvrage posthume de Giorgio Bocca, décédé en décembre dernier. Résistant de la première heure, le journaliste et essayiste italien, cofondateur du quotidien de gauche La Repubblica, incarnait les valeurs de l’indignation au pays du berlusconisme triomphant, de la corruption et de l’hypocrisie politique. Bocca était un « anti-Italien », comme l’indiquait le titre de la chronique hebdomadaire qu’il tenait ces dernières années dans L’Espresso. Non qu’il ait été animé de sentiments antinationaux, au contraire, mais parce qu’il savait faire preuve d’une « impeccable rigueur analytique, et d’une immense passion citoyenne », explique Il Fatto quotidiano. Son testament intellectuel dénonce aussi bien le nouveau dieu de la productivité que le pouvoir de la finance, la corruption généralisée ou la fin du journalisme libre : toutes idées « inacceptables » dont l’Italie doit « se délester pour pouvoir, comme elle l’a fait par (...)
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