Bien plus qu’un billet de banque
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Bien plus qu’un billet de banque

Écrit par La rédaction de Books publié le 4 avril 2017

Un nouveau billet de 50€ a été mis en circulation mardi 4 avril. S’il se fait de plus en plus sécurisé, le billet semble être le moyen le plus simple pour échanger. Que serait le commerce sans l’argent ? La monnaie est ainsi souvent présentée comme un progrès dans l’histoire de l’humanité, au même titre que la roue. Mais c’est là se tromper sur sa véritable nature, assure le sociologue Nigel Dodd dans The Social Life of Money. La monnaie n’est pas un objet tangible. Elle est, selon lui, un processus, un ensemble de relations sociales. Les recherches universitaires sur ses origines ne s’accordent pas sur la thèse du troc. Pour certains, les premières monnaies servaient de tribut aux chefs religieux. Pour d’autres, elle permet de remplir un besoin fondamental : recevoir et donner des cadeaux. Elle est aussi envisagée comme une forme de langage ou un moyen de pacification en détournant l’attention des belligérants. Pour Dodd, toutes ces hypothèses valident la sienne. Peu importe qu’elle soit faite en métal précieux ou en papier ; qu’elle soit un coquillage ou une ligne d’écriture dans un livre comptable. La valeur d’une monnaie naît toujours des relations sociales entre ses utilisateurs. Elle n’est pas une unité objective, elle est ce que la société décide d’en faire.

Et en ce sens, elle peut être modifiée à l’envi, assure Dodd. On peut lui donner la forme nécessaire pour atteindre un but économique, social ou politique. Le sociologue explique ainsi qu’en Mésopotamie et à Babylone était pratiqué « le jubilé de dette », effaçant à certaines échéances des créances dans un but uniquement social. La monnaie est d’autant plus plastique qu’elle peut prendre de multiples formes dont les usages et utilités sont complémentaires : du lingot d’or aux monnaies alternatives globales que sont le freecoin ou le bitcoin, en passant par les SEL (systèmes d’échanges locaux) ou les banques de temps.

 

A lire aussi : Dette, la faute des économistes, Books, novembre 2011.

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