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Lundi 09 novembre 2009

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Cocoricouac

Victoire. « Une université française parmi les quarante premières » titre Le Monde après la publication de la septième édition du classement mondial des universités par des universitaires de Shangaï. Sous-titre : « Vingt-trois établissements français trouvent place parmi les 500 meilleurs mondiaux ».  Le quotidien aurait pu titrer tout aussi exactement : « Les trente-neuf meilleures universités du monde ne sont pas en France » Et sous-titrer : « Seulement vingt-trois établissements français parmi les 500 meilleurs mondiaux ».
A lire l’article du Monde, ce cocorico absurde est fondé sur le fait que certains établissements français ont progressé dans le classement de Shangaï depuis sa création en 2003 : Paris VI a gagné 25 places, Paris XI 29 et l’ENS  « plus d’une trentaine ». Bravo.
Comme le rappelle plus loin le quotidien, il y a d’autres classements que celui de Shangaï : « Fondé en 2004 en partie sur la “réputation” des établissements auprès des universitaires et des employeurs, le principal challenger de Shangaï est le classement du Times Higher Education publié le 8 octobre dernier dans l’indifférence générale ». Que dit ce classement ? Malgré les quatre colonnes consacrées au sujet, le lecteur du Monde n’en saura pas plus. Or, le palmarès britannique est habituellement considéré comme plus pertinent que celui de Shangaï. Quels sont ses résultats ? Il met en avant les 200 premiers de la classe. Dans cette liste, la France ne compte que quatre établissements : l’ENS de Paris (28è), Polytechnique (36è), Paris VI (117è) et l’ENS de Lyon (126è). Parmi ces établissements,  un seul est vraiment une université. Et par rapport à la première  liste publiée en 2004, le nombre des établissements français présents a été divisé par deux. Cororicouac.
Comme “cocorico”, attesté depuis 1862 (successeur de “coquerico”, en usage depuis le temps de Rabelais), “cocoricouac” est une onomatopée. C’est le cri du coq gaulois quand on lui tord le cou. Attesté depuis 1977, le mot a pris son essor depuis 2008. Nous pourrons bientôt en vérifier la substance sur Wikipédia.

Commentaires
  • « Au 21ème siècle, le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle dominant est le capitalisme anglo-saxon » Margaret Thatcher, en l’an 2000, lors d’un discours prononcé aux Etats-Unis, attaqua violemment la France en raison de la résistance de son modèle républicain à la globalisation économique et linguistique anglo-saxonne Dans le numéro consacré au Coran vous donnez la parole à un Québécois qui termine son message par "Speak White !», la fameuse insulte avec laquelle les anglophones apostrophent les francophones. Mais le combat continue, partout, en Europe, en Amérique latine, en Afrique et en Asie. L'anglais est une langue "internationale" ... au service des anglophones.

    Rédigé par : Lucien BRESLER le 18/11/2009

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L'auteur de l'article

Olivier Postel-Vinay

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Olivier Postel-Vinay est le fondateur et le directeur de la rédaction de Books.  Il a, entre autres, publié Le Taon dans la cité, actualité de Socrate (Descartes & Cie, 1994).

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