La presse est morte, vive la presse !
Peut-être pour abandonner momentanément ce sujet, tout en lui donnant un « positive spin », laissez-moi évoquer deux articles publiés ces jours-ci outre-Atlantique - deux articles, parmi une myriade d'autres, car la question de l'avenir de la presse est un sujet de débat ultra-actif aux États-Unis en ces jours agités. Pas comme ici, ou si l'on excepte l'ouvrage de Bernard poulet (déjà cité), ou les commentaires de l'économiste Olivier Bomsel (dans ces mêmes « colonnes » numériques de Booksmag), le propos ne suscite que torpeur ou résignation - sauf bien sûr chez les directeurs financiers des groupes de presse.
Donc commençons par un article de Charles Karel Bouley (une star des médias américains) publié dans le Huffington Post du 24 mars : « la fin du papier journal, pas du journal ». Il commence par rappeler que 120 journaux ont plié bagage aux États-Unis en un an (il existe des sites spécialisés dans ce comptage macabre !). « Les journaux comme nous les connaissons auront disparu dans 10 ans, voire 3 pour la plupart d'entre eux. Faites-vous une raison et arrêtez de pleurnicher ! Êtes-vous ravagés par la disparition du Betamax ou de la cassette ? Non, le problème ce n'est pas la fin des journaux en tant que tels, mais le sort des journalistes, des photographes et autres artistes qui les fabriquent. La plupart s'adapteront, mais certains pas. Et comme pour Detroit, ce sera en partie de leur faute ». Sa recommandation - précédée d'une longue récapitulation de ses hauts faits d'homme de presse - n'a rien d'original, mais elle est plutôt bien formulée : « Plutôt que de vous lamenter sur la mort des journaux traditionnels, démenez-vous un peu et inventez une nouvelle façon de communiquer vos informations aux gens tout en gagnant de l'argent. La plume d'oie a cédé la place au stylo, lequel a été remplacé par la machine à écrire, la photocopieuse, etc. etc. l'information a toujours circulé et circulera toujours. Mais d'une autre façon »…
Donc on en revient au Web. Et au fric ! Ou plutôt, à la façon de combiner les deux. Des hordes travaillent nuit et jour sur cette question, notamment dans la Silicon Valley, où la crise force les gens à trouver dare-dare une solution à leurs angoisses financières.
J'en profite pour signaler - amusant développement ! - que, toujours aux États-Unis, l'idée de subventionner la presse papier fait son chemin. Le sénateur Benjamin Cardin a repris la suggestion du patron de la fondation Yale, et dont je m'étais fait l'écho, mais parce que j'y voyais presque une forme de gag. Il vient de proposer le « Cardin’s Newspaper Revitalization Act » qui propose officiellement de faciliter la transformation des journaux en fondations caritatives. Ce qui bien sûr soulève un débat passionné, et plein de questions. Notamment celle-ci : qu'est-ce qu'un journal ? Est-ce qu'un website aura droits mêmes avantages fiscaux ? Réponse (Conor Clarke dans The Atlantic, 26 mars) : un website est bien une sorte de journal, mais sans les coûts de publication, et n'a donc pas besoin d'être protégé. Ah bon…
Commentaires
-
Identifiez vous pour pouvoir laisser un commentaire. Saisissez vos identifiants dans l'espace abonné ou inscrivez-vous en un clic



























