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Mardi 25 août 2009

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Le livre numérique : l'offre s'emballe

J'ai fait un petit détour dans mes post précédents par Hitler et Walter Benjamin - tous les deux des adorateurs du livre objet, c'est-à-dire à la fois le livre et son contenu, et des forcenés de la lecture, quoiqu'avec des aptitudes et des finalités diamétralement opposées ! Or nous avançons avec des bottes de sept lieues vers la dissociation du texte et du livre, du contenu et de son support. Plus précisément, le support papier est peu à peu en train de céder du terrain face aux divers supports numériques qui confirment leurs attraits.

Qui sont-ils, ces rivaux impertinents ? Tout d'abord et tout bêtement : l'ordinateur lui-même, sur lequel on peut consulter désormais - en PDF ou en version texte - un nombre croissant de documents détenus dans toutes les librairies du monde ; puis bien sûr la version light de l'ordinateur, les fameux Notebook ; il faut également mentionner le livre audio ; plus bien sûr le livre électronique lui-même, l'incontournable e-book ; et enfin le téléphone portable - notamment l’iPhone.

 Du côté de l'e-book, les choses avancent, mais sans que la révolution technologique attendue se soit encore véritablement produite. Et il existe manifestement de plus en plus de produits, et leur prix chutent constamment. Tous ou presque utilisent désormais l'encre électronique, qui offre un confort de lecture excellent - en tout cas supérieur à la lecture sur écran voire même sur papier ! La couleur a fait son apparition (Fujitsu FlEPia). On trouve désormais des grands formats (Kindle Dx notamment) qui permettent de lire impeccablement les journaux. Les écrans tactiles sont également en train de débarquer (Samsung Papyrus, Sony Reader). Enfin le support souple - donc léger, incassable, et à terme très bon marché - fait une apparition timide (Plastic Logic). Et pour conclure, mention spéciale au génial Kindle  qui se connecte directement à la librairie en ligne d'Amazon et qui est en train de rafler la mise - notamment grâce à sa version élargie (pourquoi donc élargie ? - Voyez le prochain post).

Le paysage n'arrête pas d'ailleurs de se compliquer. Il y a quelques jours est apparu le COOL-ER, un e-book sur papier électronique censé (pour 259 $) imiter au mieux la sensation classique de lecture sur livre papier. On parle même d'idées pour communiquer électroniquement l'odeur du vieux papier et le crissement des pages !

Seul vrai problème à ce stade : la merveille qui serait à la fois et connectible et souple et en couleurs et grand format et bon marché n'existe, hélas, pas encore. Mais elle ne saurait tarder !

Commentaires
  • Le "helas" final de ce blog me fait reflechir autant qu'il m'inquiete. Que l'industrie nous propose une nouvelle approche de la lecture par le numerique, aspects économiques mis de cotés, formidable. Mais je crois malheureusement que la lecture ne s'y prête guère. Je m'explique. Je suis un adepte convaincu de la révolution Ipod ! Quel incroyable chance, quelles perspectives inouïes s'offrent au premier venue, à toutes les sensibilitées, de redécouvrir ses disques dans des endroits insolites, de varier le prisme de son regard. Avoir toute sa musique partout, tout le temps, est un exploit, une aubaine. Mais cela fonctionne car l'on peut écouter une minute, trente seconde d'un morceau et passer à un autre, y revenir, etc. Apple l'a d'ailleurs bien compris en proposant la fonction "mix de morceau" ! Mais les livres ? Imaginez vous lire deux pages d'Edgar Poe, passer à son traducteur puis attaquer le dernier Connely ? Non. Et nous ne reviendrons pas sur le plaisir de tenir un livre, de le preter ou simplement de le corner et l'abimer mais toujours le garder (connaissez vous beaucoup d'autres médias qui offre ce plaisir paradoxale, cet attachement à un objet dont les stigmates sont les reflets d'une attention toute particuliere ?) Alors à quoi bon le livre numerique ? Peut etre pour pouvoir acceder tres rapidement à une reference precise( et encore, cf. capacité, prix, rapidité, autonomie, fiabilité, ...) , mais pas à la lecture quotidienne. On peut donc avoir 20 ans, vivre par et pour la révolution numérique, mais ne pas croire en celle des livres. Certaines choses ne changerons pas. Et Books de nous le rappeler de la plus belle des manières. Pierre-Adrien THEVENET

    Rédigé par : Pierre adrien Thevenet le 31/08/2009

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L'auteur de l'article

Jean-Louis de Montesquiou

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Jean Louis de Montesquiou, 59 ans, est consultant et ancien dirigeant de banque et de magazine. C’est aussi un voyageur et lecteur enthousiaste. Son blog lui permet de faire partager son intérêt pour les situations, les informations, les technologies, ou les lectures qui révèlent des aspects insolites de notre monde et de son évolution.

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