Un mot sur l'affaire Mitterrand
Disons-le tout net. La « mauvaise vie » est un exemple, pas un modèle. Texte d'un auteur qui ne s'aime pas et se condamne en s'exposant. Lisez le texte. C'est la détestation de soi qui est le carburant de la narration. Qui peut croire sérieusement qu'il y ait exaltation ou une quelconque apologie de ce moment de vie qu'est le passage au « bordel » thaïlandais ? Ce que l'homme fait, ce que l'âme pense, l'auteur fait effort pour le dire et le comprendre. On peut être ému par cette confession d'une âme triste. Y lire la mélancolie d'une inaccessible « bonne vie » (mais laquelle ?).
Mais chercher dans ce récit la preuve de tel ou tel délit est absurde. La volonté de nuire est manifeste. Ce n'est pas sans rappeler les méthodes de l'affaire Salengro : juger les hommes publics au filtre de leur vie privée. D'abord. Cette confession autobiographique, librement consentie, n'est pas le passage aux aveux d'un criminel dans une salle d'interrogatoire. Ensuite. La vérité dans le registre autobiographique vaut par l'authenticité. Pas par l'objectivité. C'est l'intention qui compte. Pas les faits. L'inverse de l'enquête policière. Enfin. Les faits n'ont jamais été « qualifiés » par la justice. Alors ? Reste la littérature. Entre exhibition (téléréalité au double sens du terme) ou confession (petit théâtre de la cruauté). Mais là encore, - combien de récits de ce genre sont publiés chaque année ? - on n'est pas devant un modèle du genre, juste devant un exemple...
Thierry Grillet
Commentaires
-
Identifiez vous pour pouvoir laisser un commentaire. Saisissez vos identifiants dans l'espace abonné ou inscrivez-vous en un clic



























