Bonnes à tout faire

Bonnes à tout faire

Une journaliste indienne se penche sur le traitement réservé aux employées de maison dans son pays.

Publié dans le magazine Books, novembre / décembre 2017.
Les bonnes indiennes sortent des arrière-­cuisines. À plusieurs reprises ces derniers mois, elles sont même descendues dans la rue pour dénoncer des madam et des sahib abusifs. La journaliste indienne Tripti Lahiri, dans son premier livre Maid in India, entre, elle, dans les quartiers qui leur sont réservés. Elle pousse aussi la porte des agences de recrutement spécialisées, voyage jusque dans les villages du nord du pays, d’où sont originaires la plupart des employées de maison, et s’invite dans les beaux ­salons des employeurs. « Il n’y a pas de meilleur moment pour ­publier ce livre, et surtout pour qu’il soit lu et compris par les acteurs de cette lutte des classes », note Anshika Ravi dans The Sunday Guardian. Toute la classe moyenne urbaine emploie en effet des domestiques sans se poser de questions. Elle se donne bonne conscience en se considérant comme créatrice d’emplois mais laisse souvent de côté le sujet des conditions de travail et du salaire minimum légal. Shougat Dasgupta rappelle donc dans India Today : « Même si vous ne maltraitez pas votre bonne, même si vous ne la battez pas, que vous n’abusez pas d’elle sexuellement et ne l’enfermez pas dans un placard, c’est un scandale de sous-payer des personnes désespérées. » Lahiri rencontre également des employeurs progressistes. Ils aident les enfants de leurs bonnes, paient leurs frais de scolarité ou acceptent que celles-ci vivent avec leurs proches sous leur toit. « Mais la question demeure. Est-ce que cette bienveillance a un prix ? demande…

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