Ce que disent nos mains
par Beate Lakotta

Ce que disent nos mains

Longtemps discréditée, l’étude des mains intéresse de nouveau les chercheurs. À les en croire, la forme de la paume et la longueur des doigts livrent quantité d’informations sur la différence des sexes, le pouvoir de séduction, la fertilité ou les performances sportives. Quand la science s’aventure en terrain glissant.

Publié dans le magazine Books, mars / avril 2017. Par Beate Lakotta

© Walter Schels

Les hommes dotés d’index particulièrement courts seraient plus enclins à la violence physique, à en croire le chercheur canadien Peter Hurd. Or ceux du dalaï-lama sont plus longs que la moyenne.

Les mains de la chancelière ­Angela Merkel ? Elles ­paraissent sensibles, mais non dénuées de force. Celles de Gerhard Schröder ? Fermes, anguleuses, masculines. D’Helmut Schmidt ? Courtaudes et étonnamment potelées. Les trois chanceliers ont un pouce puissant. Est-ce que cela nous dit quelque chose ? Apparemment oui. Quand on demande aux gens ce à quoi ils font le plus attention chez autrui après le visage, la plupart répondent : les mains. Au restaurant, dans le métro, partout la machine à interpréter se met en route. Il suffit d’un trajet entre deux stations pour se faire une image de son voisin, en se fondant uniquement sur son visage et ses mains. Cette image correspond-elle à la réalité ? Et que se passe-t-il dans notre tête lorsque nous examinons les mains de quelqu’un ? Le patrimoine génétique détermine la forme, les lignes, la longueur des doigts de la main ; les activités du quotidien y laissent leurs marques. Dans les fêtes foraines, les voyantes y lisent des choses étonnantes. Ce qui est nouveau, c’est que des scientifiques peu suspects de charlatanisme s’intéressent eux aussi aux informations que recèlent les mains. À l’université de Vienne, l’anthropologue et éthologue Karl Grammer dirige depuis 2010 un groupe de ­recherche sur le comportement humain. Son travail porte notamment sur l’interaction complexe entre visage et mains dans notre perception. Ce qui est pour nous intuitif, Grammer et ses collègues l’auscultent au moyen de mesures précises et de ­modèles statistiques. Qu’en est-il de notre inconnu du ­métro ? Grammer observe un instant…

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