Ces investisseurs qui ont joué la crise
Imperméables au panurgisme de leurs collègues, ils sont quelques-uns à avoir très tôt pressenti ce qui allait se passer. Avec un parfait cynisme, ils ont fait fortune en pariant sur l’effondrement des valeurs. Un portrait en creux de la communauté financière.
Le Livre
Le Casse du siècle. The Big Short
Michael Lewis a été trader chez Salomon Brothers, à Londres, dans les années 1980. Il a décrit son expérience dans son premier livre, Liar’s Poker (« Poker menteur ») en 1989. Depuis, il vit en Californie, où il a écrit divers essais, notamment sur la Silicon Valley et le base-ball.
par Michael Lewis
Sonatine
© Willie Davis/Cosmos
Wall Street, le 10 octobre 2008. Selon Lewis, la plupart des modèles d’évaluation utilisaient « une vision raccourcie du passé, statistiquement insignifiante, pour prédire l’avenir ».
La crise financière mondiale de 2008, qui pourrait provoquer au total plusieurs milliers de milliards de dollars de pertes selon les économistes, et qui a déjà coûté des milliards de dollars aux contribuables américains en plans de sauvetage sur fonds publics, n’a pas été déclenchée par la guerre ou la récession mais par une machine financière folle, créée par l’homme, fondée sur des modèles mathématiques erronés que la plupart des cadres de la finance ne comprenaient pas eux-mêmes.
Sans autre souci que le profit immédiat, les grandes compagnies de Wall Street ont transformé les crédits hypothécaires à risque (subprime mortgages) – à risque car accordés à des ménages à faible revenu ou avec un passif d’endettement et d’insolvabilité – en produits financiers toxiques, sur lesquels elles ont fait fortune en les recyclant et en les revendant, le tout avec la complicité des agences de notation chargées précisément de contrôler les risques. La folie de ces opérations sur les produits dérivés de titres hypothécaires, fondées sur le surendettement, s’est poursuivie alors que la sécurité des crédits était de plus en plus manifestement douteuse et l’éclatement de la bulle immobilière américaine de plus en plus probable.
Vénalité et bêtise d’un système
Le danger manifeste que représentait ce fragile édifice élevé sur le socle instable des crédits hy (...)
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Notes
Bibliographie
Gunther Capelle-Blancard et al., De la crise des subprimes à la crise mondiale, La Documentation française poche, 2010. Édition remise à jour du rapport du Conseil d’analyse économique de 2009.
André Orléan, De l’euphorie à la panique : penser la crise financière, Rue d’Ulm, 2009. Pourquoi la concurrence financière pousse au mimétisme.
Sources de l'article
The New York Times
Fondé en 1851, le premier grand quotidien américain diffuse principalement sur la côte Est. Comme celles des autres quotidiens, les ventes sont en baisse régulière, mais continuent d’avoisiner le million d’exemplaires (1,4 million pour l’édition du dimanche). Son site Web est le premier site d’information au monde. Une sélection d’articles du New York Times se retrouve dans le International Herald Tribune.
Vous avez dit short ?
Par extension, en anglais, le mot short est devenu synonyme de spéculation à la baisse, quelle que soit la technique utilisée. The Economist titrait par exemple récemment : « Shorting China », ce qui veut dire : gérer ses investissements en Chine en pariant sur une baisse de la croissance et de la santé financière du pays.








Née en 1955, Michiko Kakutani est l’une des critiques de livres les plus célèbres et influentes des Etats-Unis. L’une des plus redoutées aussi : ses verdicts cinglants contre certains auteurs reconnus lui ont valu d’être sévèrement attaquée, notamment par Susan Sontag et John Updike. Cette lauréate du prix Pulitzer de la critique (en 1998) travaille pour The New York Times depuis 1983.




















