Le problème, c’est qu’on ne peut pas prévoir !
Il est à la mode de penser que la crise de 2008-2009 a signé l’échec de la théorie économique orthodoxe, selon laquelle les acteurs agissent de manière forcément rationnelle. La réalité est différente : la chute de l’URSS a créé un excès de confiance du monde capitaliste, dont les théoriciens ont oublié les leçons de leurs maîtres.
Le Livre
Les Esprits animaux. Comment les forces psychologiques mènent la finance et l’économie
par George Akerlof
Pearson Educatio
Le capitalisme ayant subi l’un de ces chocs qui l’ébranlent périodiquement, les deux dernières années ont donné un second souffle à John Maynard Keynes. Les événements ont montré les limites de la théorie selon laquelle on peut faire confiance à l’économie pour rester stable pour peu qu’on lui laisse quasiment la bride sur le cou. On reparle donc beaucoup du « paradoxe de l’épargne » – les choix rationnels des individus peuvent se révéler collectivement désastreux – et de la nécessité pour l’État de contrecarrer la tendance naturelle du marché à l’anarchie. Keynes est de retour car il avait compris que le capitalisme est très souvent irrationnel. Malheureusement, ceux qui l’invoquent aujourd’hui semblent rarement avoir compris sur quoi se fondait cette conviction.
Le livre d’Akerlof et Shiller fut écrit, pour l’essentiel, avant la crise. On peut cependant y voir une préfiguration du désenchantement actuel à l’égard de la science économique. Selon les auteurs, les théories en vigueur ont le tort de supposer l’être humain beaucoup plus rationnel qu’il n’est. « Ce livre, écrivent-ils, s’appuie sur un nouveau champ de recherches, l’économie comportementale. Il décrit la manière dont l’économie fonctionne réellement quand les gens sont vraiment humains, c’est-à-dire possédés par leurs esprits animaux – si profo (...)
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Notes
2| Voir Books, n°1, décembre 2008-janvier 2009, p. 21.
3| Epistemics and Economics. A Critique of Economic Doctrines (« Épistémologie et économie. Critique des doctrines économiques »), Cambridge University Press, 1972 . Non traduit.
Sources de l'article
London Review of Books
Ce bimensuel britannique a été créé en 1979. La LRB fut dans ses six premiers mois d’existence un supplément de la prestigieuse New York review of Books. Mais, depuis mai 1980, elle vole de ses propres ailes. Sa diffusion atteint 45 000 exemplaires.





























