On a les égoïstes qu’on mérite
Le Livre
L'Art de ne pas être un égoïste
Richard Precht, 43 ans, est chroniqueur littéraire et essayiste. Son ouvrage d’initiation à la philosophie, Wer bin ich – und wenn ja wie viele?? Eine Philosophische Reise (« Qui suis-je – et si oui, combien ? Un voyage philosophique ») a été bestseller tout au long de 2008, avec 600?000 exemplaires vendus.
par Richard Precht
Belfond
Depuis la parution, il y a quatre ans, de son bestseller Qui suis-je et, si je suis, combien ?, Richard Precht s’est imposé comme l’intellectuel le plus médiatique d’Allemagne. Dans son dernier ouvrage, ce vulgarisateur talentueux s’interroge sur l’égoïsme. Il s’en prend « aux scientifiques qui affirment que tous nos faits et gestes sont guidés par le calcul égoïste de nos gènes », rapporte le Tagesspiegel. Comme l’explique Precht dans un entretien paru dans le même journal, « cette conception a souvent été utilisée au cours des vingt-cinq dernières années pour justifier les inégalités de notre système économique. En présentant par exemple comme naturelle la cupidité des banquiers ». Pour le philosophe, chaque société a en fait « les égoïstes qu’elle mérite ». S’appuyant sur les expériences menées par l’Autrichien Ernst Fehr, il montre qu’un groupe continue à respecter les règles tant que ne s’introduit pas en son sein un tricheur. Car « nous préférons devenir mauvais plutôt que de passer pour des imbéciles ».
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