Comment Breton a tué Dada
Dans le Paris des années 1920, la profonde gaieté du mouvement Dada est vit captée puis étouffée par un castrateur sévère.
Le Livre
Le bref règne de Dada sur la Ville lumière commença avec le retour à Paris de Francis Picabia en mars 1919, puis l’arrivée de Tristan Tzara en janvier 1920. Le mouvement implosa vers 1923 dans un climat de violence et de récrimination. Phénomène international, Dada est né à Zurich et à New York, mais sa version parisienne eut une portée particulière, explique Michel Sanouillet dans ce volumineux ouvrage – ne serait-ce qu’en raison du rôle crucial qu’elle joua dans la genèse du surréalisme.
Dada à Paris propose une autre histoire du mouvement que celle propagée par le fondateur du surréalisme, André Breton. Pour l’essentiel, c’est l’histoire d’une prise de pouvoir par celui-ci, qui exerça sa considérable influence sur le groupe jusqu’à ce qu’il en éjecte Picabia et Tzara. Venus de Zurich, ceux-ci auraient pourtant pu prétendre à un dadaïsme plus « pur ». Selon Sanouillet, Breton entraîna le mouvement parisien dans une nouvelle direction, antithétique à son inspiration initiale. Pour faire court, c’est un récit de la façon dont le dadaïsme français se fit de plus en plus sectaire, dressant les « bretoniens » contre les &laq (...)
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