Francophilies

Lundi 15 mars 2010

Numéro 10

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L'Italie juge la Ve République

Le présidentialisme à la française est-il un modèle à exporter ? Pour le politologue italien Gianfranco Pasquino, c'est une évidence. Il prend à contrepied les thèses développées par son confrère Umberto Coldagelli, dans son ouvrage « La Ve République de De Gaulle à Sarkozy ».

Le Livre

La Ve République de De Gaulle à Sarkozy
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L'universitaire italien Umberto Coldagelli a été vice-secrétaire générale de la Chambre des députés. Il est notamment l'auteur d'un ouvrage sur Alexis de Tocqueville, Vita di Tocqueville (1805-1859). La democrazia tra storia e politica  « Vie d'Alexis de Tocqueville (1805-1859). La démocratie à travers l'histoire et la politique »

par Umberto Coldagelli

Donzelli

Présidentialisation excessive, absence de contre-pouvoirs, risque de cohabitation, instabilité liée aux explosions périodiques de conflits sociaux incontrôlables suscités par l’isolement de l’exécutif… Bref, cinquante ans de coup d’État permanent. Tel était le portrait dressé en 2008 par l’universitaire italien à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Ve République. Des arguments pour le moins classiques dans le débat français, mais détonnants en Italie, où la stabilité des institutions françaises est plutôt enviée.


Dans la Rivista dei Libri, Gianfranco Pasquino critique vertement les thèses de son collègue. Certes, la Ve République est née comme un « régime d’exception », en pleine guerre d’Algérie, mais ses institutions ont-elles restreint la vie démocratique ? La démonstration reste à faire. Pour lui, il est contradictoire de déplorer à la fois l’« ultraprésidentialisme » et les risques de conflit entre un président et un Premier ministre de sensibilités différentes. De plus, « les trois épisodes de cohabitation n’ont pas suscité de conflits particulièrement graves ou menaçants ».


Quant à la faiblesse des partis et autres corps intermédiaires entre citoyens et pouvoir, elle était déjà relevée par Tocqueville. Oui, affirme Pasquino, les institutions de la Ve République peuvent servir de modèle. Bulgares, Polonais et Ukrainiens ne s’en son (...)

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