Francophilies

Mercredi 15 février 2012

Numéro 29

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Quatre mois qui ont changé la Révolution

Journaliste, fondateur et directeur du quotidien espagnol conservateur El Mundo, Pedro J. Ramirez vient d’entamer avec succès une nouvelle carrière d’historien. El primer naufragio, son premier essai consacré à la Révolution française, sorti fin septembre, est déjà bestseller et dispute la première place à la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson.

Le Livre

Le premier naufrage
ramirez naufragio

par Pedro Ramírez

La Esfera de los libros

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Journaliste, fondateur et directeur du quotidien espagnol conservateur El Mundo, Pedro J. Ramirez vient d’entamer avec succès une nouvelle carrière d’historien. El primer naufragio, son premier essai consacré à la Révolution française, sorti fin septembre, est déjà bestseller et dispute la première place à la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson. Le livre n’a pourtant pas les caractéristiques habituelles d’un ouvrage de vulgarisation : fruit de dix ans de travail, long de 1 300 pages (dont 200 de notes), il porte tout entier sur les quelques mois qui séparent l’exécution de Louis XVI du coup d’État jacobin. « Quatre mois d’agitation, d’émeutes dans les rues, de déroutes sur les champs de bataille qui, rappelle Arturo Pérez-Reverte dans El Cultural, aboutirent à la liquidation physique des révolutionnaires modérés » et au déclenchement de la Terreur. Une période cruciale dont Ramirez, en bon journaliste, s’efforce de tirer des leçons en lien avec les enjeux contemporains. La destitution par les jacobins et leurs alliés, en juin 1793, du premier parlement élu au suffrage universel masculin lui apparaît ainsi la matrice d’une crise de la représentation dont les échos seraient repérables aujourd’hui dans le mouvement des Indignados de la Puerta del Sol. Ramirez, dans sa reconstitution « minutieuse jusqu’à l’obsession » des événements, insiste également sur le caractère chaotique du mouvement révolutionnaire, dont « les protagonistes agissent davantage sous la pression des circonstances immédiates que selon des plans conçus à l’avance », relève Pérez-Reverte, qui compare volontiers l’ouvrage aux « grandes tragédies de Shakespeare ». 

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