Les galions espagnols précurseurs du CETA
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Les galions espagnols précurseurs du CETA

Écrit par La rédaction de Books publié le 14 février 2017

Port d'Acapulco, 1628.

L’accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada, dit CETA, sera soumis mercredi 15 février au vote du Parlement européen. Ses clauses et ses conséquences sont âprement discutées depuis des mois. Les effets de la globalisation sont connus et pas seulement depuis le XXe siècle. Intensification du commerce des biens et des idées, mais aussi déplacements de populations, exploitation, dépendance et dégradation de l’environnement étaient déjà le corollaire de la première mondialisation à l’époque des galions, souligne l’historien Arturo Giraldez dans The Age of Trade. Celle-ci a débuté quand le navigateur espagnol Andrés de Urdaneta a découvert en 1565 un itinéraire à travers le Pacifique reliant l’Asie et la côte ouest de l’Amérique.

Cette route intéressa tout particulièrement la Chine. La dynastie Ming à la fin du XVe siècle, avait choisi l’argent comme principal moyen d’échange. Mais elle disposait de peu de mines et avait renoncé, pour des raisons obscures, à sa puissance navale. L’essor du commerce exigeait pourtant une quantité toujours croissante de métal précieux. Elle s’approvisionna d’abord auprès du Japon, par l’intermédiaire des Portugais installés à Macao. Mais les Espagnols implantés à Manille avaient, eux, accès aux importantes réserves de minerais du Mexique ou du Pérou. Entre 1500 et 1800, les deux vice-royaumes produisirent environ 80 % de l’argent mondial. L’Amérique espagnole en était alors le premier fournisseur. La Chine, le pays le plus peuplé du monde, en était le premier consommateur.

Cet afflux d’argent dopa l’industrie chinoise. Le pays devint l’atelier du monde. Il exportait notamment des produits de luxe à des prix incroyablement bas, malgré les protestations des fabricants mexicains et espagnols, qui se plaignaient de la concurrence des soieries d’Extrême-Orient. Les autres nations européennes ne comptaient pas être en reste. Mais au lieu de se lier commercialement avec l’Orient, elles se laissèrent séduire par la perspective de saisir les caraques portugaises et les galions espagnols.

 

En savoir plus : Les galions qui changèrent le monde, Books, été 2016.

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