Histoire

Jeudi 29 janvier 2009

Numéro 2

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Amerigo l’imposteur

L’Amérique doit son nom à Amerigo Vespucci, filou notoire qui parvint à se faire passer pour son découvreur. Histoire d’une étonnante falsification.

Le Livre

Amerigo, l’homme qui donna son nom à un continent
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Né à Londres de parents espagnols, Felipe Fernández-Armesto enseigne l’histoire
de la civilisation hispanique à l’université Tufts, dans le Massachusetts. Spécialiste de
l’histoire maritime et cartographique, il est l’auteur, en français, du Grand atlas des explorations (Encyclopaedia Universalis, 1991).

par Felipe Fernández-Armesto

Tusquets

La chance, dit-on, sourit aux vauriens. Amerigo Vespucci doit ainsi sa postérité au simple fait que quelqu’un s’avisa de baptiser un continent de son nom, sans se soucier des conséquences. Or la chance considérable du Florentin est sans commune mesure avec l’étendue de ses méfaits. Et il est fort malaisé de faire le récit des exploits d’un imposteur tout en faisant étalage de ses mystifications (géographiques, astronomiques…). Felipe Fernández-Armesto offre donc un beau cadeau au lecteur en s’attelant si brillamment à la tâche, levant le voile sur la vie de celui qui passe volontiers pour une sorte d’alter ego de Colomb. L’histoire commence à Florence, où Amerigo Vespucci naît en 1454. Les relations commerciales de la ville avec Séville sont alors en plein essor. Étudiant médiocre, Amerigo devient vite « une espèce de charlatan », raconte Fernández-Armesto, «un proxénète », « un entremetteur », non sans un « côté jouisseur et picaresque qui lui permettait de tirer de menus profits des bas-fonds, au moyen de trafics hasardeux et de fréquentations douteuses ». Il s’adonnait, en outre, à «l’escroquerie » et autres « activités fort peu honnêtes ».

L’appel du Nouveau Monde

Finalement, son existence à l’ombre des Médicis tourna mal et Amerigo part s’installer à Séville, en 1492. Mais la réussite n’est pas davantage au rendez-vous. Il opte alors pour la fuite en avant, vers les Amà (...)

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Notes
(1) Dans ses écrits en latin, Vespucci signait « Americus Vespucius ».
Sources de l'article

La Revista de Libros

Lancée en 1996 à l’initiative de la fondation culturelle madrilène Caja Madrid, cette revue mensuelle a pour objectif de se faire l’écho des débats du monde hispanique, à travers la recension critique de livres. Sur le modèle de la prestigieuse New York Review of Books et du Times Literary Supplement, ses principaux articles sont des analyses approfondies, par des universitaires et des écrivains, de la production éditoriale hispanique et latino-américaine.

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L'auteur de l'article

Juan Eloy Gelabert Gonzáles

Collaborateur régulier de la revue madrilène Revista de libros, Juan Eloy Gelabert Gonzáles est un historien spécialiste du Siècle d’or espagnol. Il a notamment publié Calderón de la Barca y la España del Barroco (« Calderón de la Barca et l’Espagne baroque ») et España en tiempos del Quijote (« L’Espagne au temps du Quichotte »).

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