Ci-gît le village modèle de Ford
Ce devait être un paradis, ce fut un enfer. Entre 1927 et 1945, le père de l’industrie automobile américaine créa en pleine forêt amazonienne une cité agro-industrielle idéale, dédiée à l’exploitation du caoutchouc et au progrès de l’humanité : Fordlandia. Les lois de la jungle eurent raison de cette utopie.
Le Livre
Fordlandia. Grandeur et décadence de la cité amazonienne oubliée de Henry Ford
par Greg Grandin
Metropolitan
© Collection Henry Ford
À Fordlandia, une piste de danse avec un écran de cinéma au fond. Une illustration parmi d’autres de la volonté un peu folle d’importer dans la jungle le mode de vie du Middle West.
Ce projet, en gestation depuis deux ans, était la pièce la plus ambitieuse du programme de villages industriels modèles conçu par Henry Ford – la construction de petites communautés autosuffisantes où l’industrie et l’agriculture coexisteraient, s’épaulant l’une l’autre, libérées des forces corrosives du capitalisme. Dans l’esprit de Ford, il s’agissait fondamentalement de bourgs typiques de l’Amérique moyenne : des maisons à bardeaux disposées autour de placettes, avec scieries et usines hydroélectriques, et, pour l’édification morale des habitants, des activités comme le golf et le quadrille. Dès le début des années 1920, Ford avait inauguré plusieurs de ces villages aux États-Unis. Il avait à présent décidé d’en fonder un – baptisé Fordlandia – en ce lieu reculé et inhospitalier des tropiques, à la fois pour libérer son entreprise de s (...)
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Notes
Bibliographie
Robert Lacey, Ford. The Men and the Machine (« Ford. Les hommes et la machine », non traduit), Little Brown & Co, 1986. Une biographie bien documentée, qui a fait l’objet d’une adaptation télévisuelle.
Sources de l'article
The New York Review of Books
Créé en 1963, ce bimensuel publié à New York est une véritable institution intellectuelle et littéraire. Rédigés par les meilleurs auteurs, ses essais se distinguent par une exceptionnelle qualité d’écriture et de réflexion. Hannah Arendt, Jean-Paul Sartre, Nadine Gordimer, Vaclav Havel, Gore Vidal ont écrit dans ses colonnes, faisant le succès (125 000 exemplaires vendus) et la réputation de la New York Review.



























