Engels, l’indispensable féal
Sans l’argent gagné par Engels sur le dos des ouvriers du textile, Marx aurait-il jamais écrit Le Capital ? Une nouvelle biographie dissèque la singulière amitié entre les deux hommes, et dévoile les ambiguïtés du bourgeois résolument viveur et boursicoteur qu’était Engels.
Le Livre
Le communiste en redingote. La vie révolutionnaire de Friedrich Engels
par Tristram Hunt
Allen Lane
© Collection Dagli Orti
Friedrich Engels photographié à la fin de sa vie, en 1891. Il était lié à Marx par une relation de dépendance réciproque assez comparable à un mariage.
Marx est de retour en vogue. Pendant quelques décennies, les marxistes furent pourtant une espèce en voie de disparition. Aujourd’hui, l’effondrement du capitalisme dope leur cote et Le Capital est un bestseller en Allemagne. La biographie de Tristram Hunt sur l’énigmatique collaborateur de Marx, Friedrich Engels, ne pouvait tomber davantage à point nommé.
« Marx était un génie. Nous avions, tout au plus, un peu de talent », déclara un jour Engels, plumitif socialiste qui eut le bon sens de s’associer au génie Marx. C’est cette amitié qui le distingua des autres révolutionnaires en herbe, oubliés depuis longtemps, qui buvaient et discutaient dans les bars de Bruxelles jusqu’à trois heures du matin, dans les années 1840. Mais, comme le précise Tristram Hunt, Engels ne fut pas seulement le comparse de Marx. Sans lui, l’auteur du Capital
n’aurait sans doute jamais réussi. Les deux hommes étaient liés par une relation de dépendance réciproque comparable à bien des égards à un mariage.La grande contribution d’Engels à l’histoire du monde ne fut en rien révolutionnaire. Après avoir participé (très modestement) aux révolutions de 1848, il s’enfuit à Londres avec Marx. En bisbille avec son père, un industriel du textile, il était sans le sou quand sa famille consentit à lui offrir un poste dans une succursale de Manchester. Pendant vingt ans, Engels travaillera chez Ermen & (...)
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Notes
Sources de l'article
The Spectator
Cet hebdomadaire britannique existe depuis… 1828. Magazine d’information générale de tendance conservatrice, The Spectator fait la part belle aux critiques de livres et de films. Il appartient aux frères Barclay, qui possèdent plusieurs titres de la presse britannique, dont le Daily Telegraph. Sa diffusion est de 75 000 exemplaires.





























