La mer est rouge comme une violette
Pour Homère, les visages étaient verts, tout comme le miel et le bois. Ni lui ni les Hébreux ne mentionnaient le bleu du ciel. La perception des couleurs varie-t-elle selon les époques et les régions du monde ?
Le Livre
À travers le mur du langage. Pourquoi le monde semble différent dans d’autres langues
Guy Deutscher est un linguiste israélien, chercheur honoraire à l’université de Manchester, spécialiste de la syntaxe de l’akkadien. Il est aussi l’auteur, en anglais, de The Unfolding of Language (« L’éclosion du langage », 2005).
par Guy Deutscher
Heinemann
© Lebrecht Music & Arts/Corbis
Ulysse sur l’île de Calypso. On a longtemps cru que les facultés visuelles des Anciens étaient comparables à celles de l’homme moderne au crépuscule. Il n’en est rien.
Gladstone relève, par exemple, l’expression « la mer sombre comme le vin » et remarque que le poète grec utilise l’épithète oinops, « semblable au vin », pour qualifier non seulement la mer, mais également les bœufs. Ioeis, violet (du nom de la fleur), est employé pour qualifier, lui aussi, la mer, mais tout aussi bien la laine et le fer. Chloros, vert, peut s’appliquer au miel, aux visages et au bois.
Comment expliquer une perception aussi étrange des couleurs ? Le problème n’est pas lié à la cécité d’Homère (si tant est qu’Homère ait réellement existé), puisqu’on rencontre des emplois similaires chez d’autres auteurs grecs.
Gladstone, pour sa part, en conclut : « Les organes impliqués dans la perception des couleurs et l (...)
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Journaliste du quotidien britannique The Daily Telegraph depuis 1996, spécialiste des sujets religieux, Christopher Howse tient une chronique hebdomadaire intitulée « Mystères sacrés ». Il collabore régulièrement aux pages « Livres » de l’hebdomadaire The Spectator. Il a publié, en 2002, un recueil de sermons, Best Sermons Ever (« Les meilleurs sermons de tous les temps »). 


















