Histoire

Jeudi 03 Mai 2012

Numéro 32

Imprimer cet article Envoyer cet article à un ami Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Facebook

Le jeune dieu de la mort

Soixante-dix ans après l’attentat contre Reinhard Heydrich, la première biographie sérieuse du chef de la sécurité du Reich vient éclairer sous un jour nouveau son étonnante ascension. Loin d’être un fanatique de la première heure, il a surtout adhéré au parti sous l’influence de sa fiancée et pour laver l’humiliation subie lors de son renvoi de la Marine.

Le Livre

Reinhard Heydrich
reinhard-heydrich.-une-biographie

Robert Gerwarth est un jeune historien allemand. Il dirige le Center for War Studies de l’University College de Dublin. On lui doit notamment un ouvrage sur le « mythe de Bismarck ». La biographie de Heydrich est parue simultanément en anglais sous le titre Hitler’s Hangman

par Robert Gerwarth

Siedler Verlag

Acheter ce livre en ligne

rogerviollet.1078-6

Le lieu de l’attentat avait été choisi avec soin. La rue en pente du quartier Liben de Prague faisait un virage en épingle à cheveux, obligeant les voitures qui s’y engageaient à freiner considérablement. Ce 27 mai 1942 vers 10 h 30, le chauffeur du lourd cabriolet Mercedes qui descendait la rue réduisit donc sa vitesse. Derrière lui était assis son chef, l’un des disciples les plus fidèles d’Adolf Hitler. C’était un prototype de l’Aryen : grand, blond, les yeux bleus. L’image idéale d’un chef des SS.

Reinhard Heydrich était directeur du Reichssicherheitshauptamt (RSHA, « Office central de la sécurité du Reich (1) ») situé à Berlin et, de par cette fonction, l’organisateur de l’Holocauste, qui fit environ six millions de victimes. Quelques mois auparavant, il avait présidé la conférence de Wannsee, dans la capitale du Reich, au cours de laquelle le programme d’extermination avait été débattu. Il gouvernait en même temps d’une main de fer le Protectorat de Bohême-Moravie. L’année précédente, dans les semaines ayant suivi son arrivée, il avait fait liquider plus de 400 personnes. Pour justifier ses consignes, il déclara : (...)

Pour accéder à cet article, vous pouvez :
- vous inscrire sur le site de Books pour découvrir librement trois contenus du journal : cliquez ici
- souscrire à notre offre d’essai web : pour 9€ tous nos articles et toutes nos archives accessibles gratuitement pendant un mois, cliquez ici
- vous abonner à Books : voir l’intégralité de nos offres ici
Déjà abonné ? Identifiez-vous

Commentaires
Notes

1| Le RSHA fut fondé en 1939 par Himmler. Il regroupait le Sicherheitsdienst (les services de renseignements de la SS), la Gestapo et la Kriminalpolizei. Son but était de combattre les « ennemis du Reich ». Parmi eux, les Juifs et les Tsiganes. Le RSHA joua un rôle central dans la mise en œuvre de la Solution finale.

2| Michael Wildt, Generation des Unbedingten. Das Führungskorps des Reichssicherheits­hauptamtes (« La génération de l’absolu. Les dirigeants de l’Office central de la sécurité du Reich »), Hamburger Edition, 2002.

3| Lina Heydrich, Leben mit einem Kriegsverbrecher (« Ma vie avec un criminel de guerre »), Ludwig Verlag, 1976.

Bibliographie

Édouard Husson, Heydrich et la solution finale, Perrin, 2012 [2008]. Par l’un des meilleurs spécialistes de la Shoah, ancien maître de conférences à la Sorbonne et vice-chancelier des universités de Paris. Ce livre a fait l’objet d’un débat intéressant sur le site www.laviedesidees.fr.

Sources de l'article

Der Spiegel

Hebdomadaire, fondé en 1947, Der Spiegel (Le Miroir) est une véritable institution outre-Rhin. En pratiquant un journalisme rigoureux, portant volontiers le fer dans la plaie, il s’est imposé au premier plan de la vie publique. Ses quelque 170 pages traitent de tous les sujets, le plus souvent sur ce ton sarcastique et précieux qui est la marque du Spiegel. Avec une diffusion supérieure à 1 million d’exemplaires, c’est le premier news magazine. Son site, l’un des plus élaborés de la presse internationale, propose, outre des articles propres mis en ligne en continu, une chaîne d’information et les archives complètes de la version papier (en libre accès excepté les deux derniers numéros).

Tous les livres