Le mythe de l’unité espagnole
L’insurrection madrilène du 2 mai 1808 contre les troupes de Napoléon est l’un des événements les plus fameux de l’histoire espagnole. Sa commémoration en grande pompe par Madrid en 2008 est pourtant loin d’avoir fait l’unanimité, notamment en Catalogne et au Pays basque. Le grand roman national se serait-il perdu ? Ou n’a-t-il jamais existé ?
Le Livre
La guerre maudite de Napoléon. Résistance populaire dans la guerre d’Espagne
par Ronald Fraser
Verso
© Musée du Prado/Collection Dagli Orti
Tres de mayo. Le tableau de Goya immortalise les victimes des exécutions sommaires qui eurent lieu le 3 mai 1808, lendemain du début de l’insurrection.
Ces derniers temps, avec la commémoration en 2008 du bicentenaire de l’insurrection madrilène contre les troupes de Napoléon – immortalisée par Goya dans son célèbre Dos de mayo –, l’utilisation politique de l’histoire a semblé faire son retour à Madrid.
La féroce bataille qui se livra ce 2 mai 1808 sur la place de la Puerta del Sol, au centre de la capitale espagnole, fut le coup d’envoi du soulèvement patriotique contre les Français et de la guerre d’Indà (...)
Pour accéder à cet article, vous pouvez :
- vous inscrire sur le site de Books pour découvrir librement trois contenus du journal : cliquez ici
- souscrire à notre offre d’essai web : pour 6,5€ tous nos articles et toutes nos archives accessibles gratuitement pendant un mois, cliquez ici
- vous abonner à Books : voir l’intégralité de nos offres ici
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Commentaires
-
Identifiez vous pour pouvoir laisser un commentaire. Saisissez vos identifiants dans l'espace abonné ou inscrivez-vous en un clic
Notes
2| En 1808, sous prétexte de vouloir attaquer le Portugal, vieil allié des Britanniques, Napoléon tente de mettre, au passage, la main sur la couronne d’Espagne.
3| Victime d’un coup d’État dirigé par son fils Ferdinand VII en mars 1808, le roi Charles IV en appela à l’arbitrage de Napoléon, qui convoqua les deux souverains à la conférence de Bayonne et les convainquit tous deux d’abdiquer. À Madrid, les rumeurs affirmèrent que Napoléon retenait la famille royale en otage.
4| Le 3 mai 1808, le soulèvement madrilène (qui avait débuté la veille) fut écrasé dans le sang par Joachim Murat.
5| Le fédéralisme asymétrique donne plus de pouvoir à certaines des communautés. Par exemple, la Catalogne et le Pays basque disposent de leur propre police, et le second gère même ses impôts.
Bibliographie
Rafael Torres, España contra España (« Espagne contre Espagne », non traduit), La Esfera de libros, 2008. Ouvrage polémique d’un journaliste espagnol pour qui, loin de n’avoir été qu’une guerre patriotique, le conflit de 1808-1814 fut en quelque sorte la première guerre civile espagnole.
En français
Arturo Pérez-Reverte, Un jour de colère, Seuil, 2008. Le romancier à succès raconte au présent les événements vécus dans les rues de Madrid le 2 mai 1808.
Jean-Joël Brégeon, Napoléon et la guerre d’Espagne, 1808-1814, Perrin, 2006. Un ouvrage d’histoire rappelant que, pour les Français, la guerre d’Espagne constitue, avec la campagne de Russie, le revers majeur de Napoléon Ier.
Juan Pablo Fusi, Espagne. Nations, nationalités et nationalismes des Rois Catholiques à la monarchie constitutionnelle, Presses universitaires de Rennes, 2002. Étude universitaire de la construction historique de l’Espagne comme nation.
Sources de l'article
PLR : Primera Revista Latinoamericana de Libros
Lancée en septembre 2007 à New York, cette revue bimestrielle en espagnol, dirigée par Fernando Gubbins, ancien collaborateur du quotidien péruvien Expreso, se veut la référence littéraire et culturelle pour le monde hispanique américain. Sur le modèle de la prestigieuse New York Review of Books, ses principaux articles sont des analyses approfondies, par des universitaires et des écrivains, de la production éditoriale latino-américaine et américaine sur l’Amérique latine.








Historien de formation, Tom Burns Marañón est un journaliste et essayiste hispano-britannique. Collaborateur régulier du quotidien madrilène El Mundo, il est l’auteur de plusieurs essais sur la politique et la société espagnoles, dont La monarquÃa necesaria (« La monarchie nécessaire »), Planeta, 2007. 




















