L’autre nom de la Corée
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L’autre nom de la Corée

Écrit par La rédaction de Books publié le 18 juillet 2017

Corée, frontière entre le nord et le sud, Henrik Ishihara

La Corée du Sud a invité lundi le Nord à la discussion. Depuis décembre 2015, les représentants des deux pays ne se sont plus réunis. Les essais nucléaires menés par Pyongyang seront un sujet majeur lors de cette entrevue. Mais les autres motifs de querelles ne manquent pas. Parmi elles, le nom des deux pays n’est pas le moindre, souligne le journaliste Michael Breen dans The New Koreans. Tous deux revendiquent d’être la vraie Corée, et souhaitent donc être appelés « Corée » sur la scène internationale. Pendant des décennies, ils ont déployé quantités d’efforts diplomatiques pour obtenir d’un maximum d’Etats la reconnaissance de leurs prétentions respectives à ce nom.

« Corée » est pourtant un exonyme. Le mot n’est employé qu’hors de la péninsule. Il serait un dérivé de « Cauli » le terme utilisé par l’explorateur italien Marco Polo qui le tenait lui-même d’autres voyageurs. Il ferait référence à la dynastie Goryeo qui a régné sur cette région entre 935 et 1392. Différentes versions de ce mot ont été adoptées par les langues du monde entier, rappelle Breen. « Corée » en français, « Korea » en anglais, en allemand ou en tagalog, mais aussi « Koreja » en russe ou « Kaoli » en thaï. Et chacune d’elles utilise les directions nord et sud pour différencier les deux pays nés de la partition de 1945. Mais certaines nations d’Asie du Sud préfèrent employer les noms dont se servent les Coréens eux-mêmes : « Hanguk » pour le sud et « Chosun » pour le nord. Ce dernier est la contraction de « Chosun Minjujuui Inmin Konghwaguk » soit République populaire démocratique de Corée, tandis qu’« Hanguk » est l’abréviation de « Daehan Minguk » qui signifie « le pays des Han ».

Selon Breen, les Sud-coréens auraient tout à gagner à délaisser le nom « Corée » et à faire valoir l’appellation « Hanguk » à l’international. Au-delà de la petite satisfaction nationaliste, cela couperait court au risque de confusion entre les deux pays rivaux et ferait rentrer le pays dans les normes internationales. Très peu de nations ont des noms différents chez eux et à l’étranger.

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