La fièvre de l’or noir
Le Livre
La grande bousculade : pétrole, argent et avidité au XXIe siècle
par Tom Bower
Harper Collins
La consultation de milliers d’articles de presse et pas moins de 250 entretiens ont été nécessaires pour écrire un ouvrage que Paul Mason considère comme un « hommage à la puissance de l’enquête journalistique », dans le Guardian. Deux décennies de transformations radicales, de scandales et de coups de théâtre sont ici racontés par le menu : « Bower décrit avec maestria les comptables écrasant les coûts, les majors écrasant leurs rivales, les gouvernements écrasant le secteur, les directeurs écrasant leurs pairs au conseil d’administration, et les traders s’écrasant les uns les autres », renchérit Duncan Campbell-Smith dans le Times Literary Supplement.
Depuis la grande crise pétrolière de 1973, le baril est devenu l’objet d’une spéculation sauvage, passant de 10 en 1973 à 150 dollars en 2009… En raison de la prochaine pénurie des hydrocarbures ? Bower en doute. Les coulisses de l’industrie pétrolière pullulent de manipulateurs soucieux de maximiser leurs profits et capables d’échafauder pour ce faire des stratégies complexes. Le tapage médiatique sur la pénurie pourrait bien relever de l’intox plus que de l’info.
Mais, en se concentrant sur les trois principales entreprises du secteur – Shell, BP, et ExxonMobil – et leurs relations avec le marché spéculatif, Bower laisse de côté l’immense majorité des acteurs : il n’y a presque rien dans le livre sur les entreprises publique d’Arabie Saoudite, d’Iran ou de Libye. Ce qui laisse dubitatif le journaliste Salil Tripathi. Dans The Independent, il rappelle que ces entreprises privées ne contrôlent guère que 10% de l’exploitation mondiale.
Mais l’objectif de Bower est ailleurs, souligne le Times Literary Supplement : se focaliser sur les secteurs de l’industrie des hydrocarbures qui ont connu les plus grands bouleversements au cours des dernières années, et ont tissé des relations pour le moins ambiguës avec les milieux politiques. Il rappelle ainsi que la Cour suprême des Etats-Unis a fait passer en 2008 les dommages et intérêts dus pour le naufrage de l’Exxon Valdez des 5 milliards de dollars initialement prévus à 500 millions.
Commentaires
-
Identifiez vous pour pouvoir laisser un commentaire. Saisissez vos identifiants dans l'espace abonné ou inscrivez-vous en un clic



























