Les pures raisons de la critique
par Jean-Louis de Montesquiou

Les pures raisons de la critique

15643-86fc73 Publié dans le magazine Books, novembre 2015. Par Jean-Louis de Montesquiou
Presque aucune de nos activités, même les plus anciennes ou les plus respectées, n’échappe à l’effet Internet – le commerce, la musique, la prostitution, la littérature… La critique littéraire non plus, presque aussi vieille que la littérature elle-même (Platon et Aristote en sont les grands ancêtres). La critique remplit une double mission : réjouir le lecteur et le guider dans ses choix. Elle est à la fois un service et un art. Mais aujourd’hui l’art du critique et le service qu’il rend sont dissociés, et le Web n’y est pas pour rien. La critique « des professionnels et des artistes » (dixit Albert Thibaudet, grand théoricien du sujet), perdure grâce aux grandes plumes qui maintiennent le flambeau dans les pages de certains journaux et magazines. En revanche, pour ce qui est de la « critique des honnêtes gens, ou critique spontanée faite par le public lui-même », c’est le Web qui semble avoir pris le relais. Car face à la prolifération des livres (un nouveau titre par minute aux États-Unis, ou toutes les huit minutes en France) et au rétrécissement concomitant du temps dévolu à la lecture, le lecteur a besoin d’aide, et vite. Vers qui donc se tourner sinon d’autres lecteurs, eux aussi près de leurs sous et pressés par le temps ? « La critique de livres est devenue un geste de salubrité publique… Les critiques, qui devraient bien se revêtir de combinaisons et de gants de caoutchouc, trient dans la grande masse gluante et constamment renouvelée des publications déferlantes », déclare l’un d’entre eux, James…

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