L’exil champêtre de Zola

L’exil champêtre de Zola

Publié dans le magazine Books, mars / avril 2017.
Condamné à un an de prison et 3 000 francs d’amende pour son « J’accuse », Zola franchit la Manche le 19 juillet 1898, la nuit suivant le verdict, profitant de ce que celui-ci n’était pas encore exécutoire. Il part sans vêtements de rechange ni affaires de toilette. Recherché par la police française, il ne reste pas à Londres et s’installe incognito dans la campagne ­anglaise, à Weybridge, au sud de l’actuel aéroport d’Heathrow. Malgré cette situation très inconfortable et sa piètre connaissance de l’anglais, il y passe un été plutôt agréable. Il enfourche sa bicyclette et, appareil photo en bandoulière, explore les villages et les collines du Surrey. Il prépare un nouveau (mauvais) roman, Fécondité. Il est bientôt rejoint par sa maîtresse, Jeanne Rozerot, avec leur fille et leur fils. La visite avait été arrangée par son épouse, Alexandrine, résignée à sa bigamie. Restée en France, elle avait pris en charge la gestion de ses affaires pendant son séjour forcé en Angleterre. Paradoxe : à Londres, sa célébrité était au zénith. Cinq ans plus tôt, malgré la réputation sulfureuse de certains de ses romans, qui heurtaient l’Angleterre victorienne, il y avait été accueilli en fanfare. Oscar Wilde avait offert une corbeille de fleurs à son épouse. Depuis, sa figure de cire avait été installée chez Mme Tussaud. Et, grâce à « J’accuse », le Times proclama qu’il serait « honoré partout où les hommes ont une âme libre ».

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