L’islam en paillasson
par Stefano Montefiori

L’islam en paillasson

En soutenant que l’islam est le « paillasson de nos conversations », Claude Askolovitch s’en prend aux préjugés des Français, mais aussi à des intellectuels comme Alain Finkielkraut.

22135-58e5a2 Publié dans le magazine Books, janvier 2014. Par Stefano Montefiori
« L’islam est le paillasson de nos conversations, l’exutoire de nos aigreurs, la preuve de notre existence : je me méfie, donc je suis. Mieux encore : l’islam nous permet de haïr en progressistes, de dénigrer au nom de la femme, de la République, de la défense des juifs, du respect de l’école ou de la liberté des homos ; au nom de l’amour de la France et de sa survie. » Ce progressiste qui, contrairement à nombre de ses amis, se refuse à haïr n’est autre que Claude Askolovitch, l’un des journalistes français les plus connus. Juif, de gauche, il a dû renoncer l’année dernière à son poste de grand reporter au Point, après s’être opposé à une enquête coup de poing sur la viande halal, enquête parue quelques mois après ses adieux au journal sous ce titre de « une » demeuré célèbre : « L’islam sans gêne ». Si, aujourd’hui, Askolovitch accepte volontiers de parler de l’islam, c’est pour en prendre la défense dans Nos mal-aimés. Ces musulmans dont la France ne veut pas. Nous avons rendez-vous dans un café du XVIIIe arrondissement, à Montmartre, le quartier d’Amélie Poulain et des prières musulmanes de rue qui irritent tant le Front national. « Parfois, j’ai l’impression que les musulmans jouent en France le même rôle que Berlusconi en Italie auprès de ceux qui ne votent pas pour lui : ils cristallisent le mécontentement, tout ce qui va mal est de leur faute. Le pays est en crise, malheureux,…

Découvrez la Booksletter !

Inscrivez-vous à la Booksletter et bénéficiez d'un mois d'abonnement Web gratuit !
Déjà abonné ? connectez-vous !
Imprimer cet article
0
Commentaire

écrire un commentaire

NOUVEAU ! Découvrez le Books du jour !
Chaque matin, un nouveau livre chroniqué dans votre boîte email.