Littérature & Arts

Mercredi 04 Mai 2011

Numéro 22

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« Comment les Flamands ont révolutionné la peinture »

Au XVe siècle, la bourgeoisie flamande se saisit du tableau, invention récente, pour glorifier le réel. Ce faisant, elle consacre le triomphe de la peinture, jusque-là considérée comme un art secondaire. La noblesse lui préférait la sculpture. Notre rapport à l’art n’a plus jamais été le même.

Le Livre

Miroir du monde. L’invention du tableau aux Pays-Bas
spiegel der welt

Né en 1935, l’Allemand Hans Belting est un grand historien et anthropologue de l’art. Il a enseigné notamment à Heidelberg, à Harvard et au Collège de France. Son dernier ouvrage paru en français : La Double Perspective. La science arabe et l’art de la Renaissance, Les Presses du réel, 2010 (voir Books, n° 20, p. 37).

par Hans Belting

C.H. Beck

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Dans votre livre, vous défendez une thèse surprenante : la peinture aurait été inventée dans la Flandre du XVe siècle. Mais n’existait-elle pas auparavant ?

En réalité, je ne parle pas de l’invention de la peinture, mais de l’invention du tableau, ce qui est très différent. Bien sûr que la peinture existait auparavant : sous forme d’icônes, de fresques ou de miniatures. C’est le tableau qui est né à ce moment-là, c’est-à-dire un objet indépendant, transportable, avec un cadre, et que l’on peut accrocher au mur d’une pièce. Cela n’a l’air de rien, mais c’est la plus importante innovation de la culture européenne de cette époque. Le tableau n’existe dans aucune autre civilisation. Et la peinture occidentale, elle, ne se conçoit dès lors plus sans le tableau.

 

Les Italiens n’avaient-ils pas déjà inventé le tableau avant les Flamands ?

Le tableau apparaît en Italie et en Flandre à peu près au même moment. Mais avec de grandes différences. Dans son célèbre traité De pictura, Alberti aborde la peinture d’un point de vue qui n’a plus rien d’artisanal ; il est avant tout scientifique. Alberti s’interroge sur la nature et sa représentation d’une façon plus conceptuelle qu’empirique, en comprenant l’image comme une construction mathématique régie p (...)

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Bibliographie

Tzvetan Todorov, Éloge de l’individu. Essai sur la peinture flamande de la Renaissance, Seuil, coll. « Points », 2004. Pourquoi les peintres flamands furent les premiers à représenter l’individu.

 
Erwin Panofsky, Les Primitifs flamands, Hazan, 2010. Un ouvrage érudit.
 
Till-Holgert Borchert, Jan Van Eyck, Taschen, 2008. Sur le plus célèbre des peintres flamands. Avec de belles reproductions.

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L'auteur de l'article

Hans Belting

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Né en 1935, l’Allemand Hans Belting est un grand historien et anthropologue de l’art. Il a enseigné notamment à Heidelberg, à Harvard et au Collège de France. Son dernier ouvrage paru en français : La Double Perspective. La science arabe et l’art de la Renaissance, Les Presses du réel, 2010 (voir Books, n° 20, p. 37).

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