Django, légende du siècle
Le guitariste tsigane a joué pour les SS et séduit Duke Ellington. Sa musique continue d’électriser. Quel était son secret ?
Le Livre
Vie et musique d’une légende tsigane
par Michael Dregni
Oxford University Press, non traduit
© AGIP/Rue des Archives-AKG
Django Reinhardt photographié en 1945 et une affiche de 1941. Le guitariste fut au sommet de sa gloire sous l’Occupation. Écouter sa musique nous rappelle que les temps les plus difficiles n’excluent pas la joie de vivre.
Il existe un merveilleux endroit pour passer un après-midi d’hiver à Paris : un bar dénommé La Chope des Puces, au cœur de la célèbre brocante de Saint-Ouen. Là, tous les dimanches depuis des temps immémoriaux, deux guitaristes burinés par les ans se retrouvent pour jouer sur des guitares burinées par les ans des airs de jazz à la manière de Django Reinhardt et de son quintette, le Hot Club de France. Les accords retentissants, les mélodies vives en ton mineur, le vibrato particulier, profond, déchirant, les montées et descentes chromatiques impétueuses sur la touche, avec l’immuable boum-tchic boum-tchic des cordes de la guitare secondaire : le cher son de Django est là, et quelque chose de l’émotion aussi. Les imitateurs de jazz sont généralement pathétiques – cortège de musiciens « Dixieland » en chapeau de paille essayant de jouer comme Louis Armstrong, et autres big bands fantômes, pauvres cours sans Count ni Duke 1 ; mais ces djangoïstes du dimanche, comme tant d’autres à Paris et dans le monde, n’ont rien de pathétique. Il existe des « hot clubs » djangoïstes en Norvège, au Danemark et à San Francisco, qui reproduisent « le » son presque à la perfection. Le style Django, apparemment si inimitable, est imité partout avec précision : le Hot Club de Norvège est vraiment hot.
Zones d’ombre
Pourquoi et comment est-ce possible ? Comment (...)
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Notes
1| Le texte fait ici référence à Count Basie et à Duke Ellington, en jouant sur la langue anglaise, où Count signifie comte et Duke, duc.
2| Il s’agit d’Elvis Presley.
3| www.lachopedespuces.com
Bibliographie
Alain Antonietto et François Billard, Django Reinhardt. Rythmes futurs, Fayard, 2004.
Marcel Campion et Catherine Gravil, Django Reinhardt et l’histoire de la Chope des Puces, Éditions Didier Carpentier, 2009 (avec un DVD).
Yann Mens, Fils de Django, Thierry Magnier, 2003 (livre pour enfants).
Sources de l'article
The New Yorker
Fondé en 1925, l’hebdomadaire chic de New York présente une description complète des événements culturels de la ville et une série d’articles de haut niveau, souvent rédigés par des écrivains. Il est aussi réputé pour ses cartoons, qui ponctuent la lecture de chaque numéro. La diffusion du New Yorker avoisine le million d’exemplaires.




























