Littérature & Arts

Mardi 15 décembre 2009

Numéro 11

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Django, légende du siècle

Le guitariste tsigane a joué pour les SS et séduit Duke Ellington. Sa musique continue d’électriser. Quel était son secret ?

Le Livre

Vie et musique d’une légende tsigane
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Michael Dregni est journaliste. Il collabore à de nombreuses publications musicales américaines, notamment Vintage Guitar. Ses héros, outre son père : Eddie Merckx, Spiderman et James Joyce. Il a récemment publié Gypsy Jazz (« Jazz manouche »), Oxford University Press, 2008.

par Michael Dregni

Oxford University Press, non traduit

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Il existe un merveilleux endroit pour passer un après-midi d’hiver à Paris : un bar dénommé La Chope des Puces, au cœur de la célèbre brocante de Saint-Ouen. Là, tous les dimanches depuis des temps immémoriaux, deux guitaristes burinés par les ans se retrouvent pour jouer sur des guitares burinées par les ans des airs de jazz à la manière de Django Reinhardt et de son quintette, le Hot Club de France. Les accords retentissants, les mélodies vives en ton mineur, le vibrato particulier, profond, déchirant, les montées et descentes chromatiques impétueuses sur la touche, avec l’immuable boum-tchic boum-tchic des cordes de la guitare secondaire : le cher son de Django est là, et quelque chose de l’émotion aussi. Les imitateurs de jazz sont généralement pathétiques – cortège de musiciens « Dixieland » en chapeau de paille essayant de jouer comme Louis Armstrong, et autres big bands fantômes, pauvres cours sans Count ni Duke 1 ; mais ces djangoïstes du dimanche, comme tant d’autres à Paris et dans le monde, n’ont rien de pathétique. Il existe des « hot clubs » djangoïstes en Norvège, au Danemark et à San Francisco, qui reproduisent « le » son presque à la perfection. Le style Django, apparemment si inimitable, est imité partout avec précision : le Hot Club de Norvège est vraiment hot.


Zones d’ombre

Pourquoi et comment est-ce possible ? Comment (...)

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Commentaires
Notes

1| Le texte fait ici référence à Count Basie et à Duke Ellington, en jouant sur la langue anglaise, où Count signifie comte et Duke, duc.

2| Il s’agit d’Elvis Presley.

3| www.lachopedespuces.com

Bibliographie

Alain Antonietto et François Billard, Django Reinhardt. Rythmes futurs, Fayard, 2004.

Marcel Campion et Catherine Gravil, Django Reinhardt et l’histoire de la Chope des Puces, Éditions Didier Carpentier, 2009 (avec un DVD).

Yann Mens, Fils de Django, Thierry Magnier, 2003 (livre pour enfants).

Sources de l'article

The New Yorker

Fondé en 1925, l’hebdomadaire chic de New York présente une description complète des événements culturels de la ville et une série d’articles de haut niveau, souvent rédigés par des écrivains. Il est aussi réputé pour ses cartoons, qui ponctuent la lecture de chaque numéro. La diffusion du New Yorker avoisine le million d’exemplaires.

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L'auteur de l'article

Adam Gopnik

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Auteur et essayiste américain, Adam Gopnik est journaliste au New Yorker. Il a notamment été le correspondant à Paris de l’hebdomadaire, y rédigeant des « chroniques parisiennes » qui ont été rassemblées dans De Paris à la Lune (Nil Éditions, 2003). Il a publié deux romans pour enfants et un livre sur Lincoln et Darwin, Angels and Ages, publié en janvier 2009.

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