García Márquez, l’homme qui aimait les dictateurs
Monstre sacré de la littérature hispano-américaine, l’écrivain colombien est fasciné par les tyrans. Dans ses livres comme dans la vie. Son attirance pour le pouvoir l’a conduit à soutenir Fidel Castro contre vents et marées. Une imposante biographie fait remonter ce goût des caciques à son enfance, dominée par la figure charismatique d’un grand-père.
Le Livre
Gabriel García Márquez : une vie
par Gerald Martin
Bloomsbury
© Sally Soames/Camera Press/Eyedea
Gabriel García Márquez photographié en 2002, vingt ans après son prix Nobel. Il a toujours répugné à reconnaître sa dette envers les précurseurs du « réalisme magique », le genre littérature qu’il incarne.
En l’espace d’un an, le succès du roman allait plonger García Márquez dans ce qu’il appellerait « la frénésie de la renommée » ; pour trouver un auteur jouissant d’une telle célébrité, il faut remonter à Hemingway. Avant Cent ans de solitude, il avait publié trois nouvelles chez d’obscurs éditeurs. Davantage influencés par le cinéma néoréaliste de Vittorio De Sica que par une quelconque référence littéraire, ils n’étaient connus que d’une poignée de connaisseurs. En 1955, son métier de journali (...)
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Notes
2| Citons l’Argentin Julio Cortázar, le Mexicain Carlos Fuentes et le Péruvien Mario Vargas Llosa. Gerald Martin situe le début du boom en 1963, lorsque fut publié Marelle, le roman de Cortázar.
3| Le romancier cubain Alejo Carpentier créa en 1949 l’expression « lo real maravilloso » pour décrire ce qu’il considérait comme sa propre version du surréalisme français. En 1946, Miguel Angel Asturias avait consacré un roman fantasmagorique à un dictateur, El Señor Presidente, qui servit de prototype à García Márquez pour L’Automne du patriarche.
4| Entre 1899 et 1902, la guerre dite des Mille Jours oppose libéraux et conservateurs en Colombie. Elle aurait fait environ 100?000 morts.
5| Aussitôt après que le Portugal eut accordé son indépendance à l’Angola, en 1975, Cuba envoya des milliers de soldats combattre dans le camp du MPLA marxiste, alors au pouvoir, contre l’UNITA soutenue par les États-Unis. L’armée cubaine resta treize ans en Angola et joua un rôle décisif dans la victoire du MPLA.
Bibliographie
Mario Vargas Llosa, García Márquez : historia de un deicidio (« García Márquez. Histoire d’un déicide »). Le livre que le grand écrivain péruvien avait écrit à la gloire de son ami avant leur violente rupture.
Jean Franco et Jean-Marie Lemogodeuc, Anthologie de la littérature hispano-américaine du XXe siècle, PUF, 2002. Une référence.
Sources de l'article
The New York Review of Books
Créé en 1963, ce bimensuel publié à New York est une véritable institution intellectuelle et littéraire. Rédigés par les meilleurs auteurs, ses essais se distinguent par une exceptionnelle qualité d’écriture et de réflexion. Hannah Arendt, Jean-Paul Sartre, Nadine Gordimer, Vaclav Havel, Gore Vidal ont écrit dans ses colonnes, faisant le succès (125 000 exemplaires vendus) et la réputation de la New York Review.



























