Littérature & Arts

Mercredi 16 juin 2010

Numéro 14

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Get up, stand up !

Descendant d’esclaves fugitifs, enfant des ghettos de Kingston, Bob Marley a fait du reggae l’étendard du combat anticolonial. Trente ans après sa mort, et avec 50 millions d’albums vendus, sa musique n’a jamais été aussi influente. Écoutées dans le monde entier, ses chansons qui célèbrent l’amour et l’insoumission servent à contester la tyrannie. Get Up, Stand Up est aujourd’hui l’hymne d’Amnesty International.

Le Livre

Avant la légende. L'ascension de Bob Marley
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D’origine jamaïcaine, Christopher John Farley, ancien critique musical du Time, est journaliste au Wall Street Journal. Auteur de deux romans, il a également signé des biographies de la chanteuse R&B Aaliyah et de l’actrice Halle Berry.

par Christopher John Farley

Amistad

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Bob Marley est mort prématurément d’un cancer le 11 mai 1981, à l’âge de 36 ans. Il était connu des jeunes du monde entier, mais peu de gens pressentaient alors la notoriété qui serait la sienne. Né en Jamaïque, il est le seul artiste du tiers-monde à être entré au panthéon du rock’n’roll. En 1999, la BBC a consacré One Love « chanson du millénaire » ; la même année, le magazine Time décrétait Exodus « meilleur album du XXe siècle ». Désigné en 2001 troisième plus grand parolier de tous les temps par un sondage de la BBC (derrière Bob Dylan et John Lennon), Marley a vendu quelque cinquante millions de disques dans le monde. Près de trente ans après sa mort, il n’existe probablement aucun pays où l’on ne connaisse ses chansons, ballades ironiques et hymnes guerriers aux mélodies douces ou entraînantes.

Elles racontent l’histoire bien connue des esclaves noirs, amenés le plus souvent d’Afrique occidentale pour trimer dans les champs d’indigo et de canne à sucre de la Jamaïque. Comme beaucoup de jeunes de sa génération – venus de la campagne pour travailler à la capitale, échouant dans ses bidonvilles en pleine expansion –, Marley s’imprégna des courants politiques et musicaux qui traversaient l’île un peu avant et après l’indépendance de 1962. On y trouvait les negro spirituals entonnés dans les églises en bardeaux, les chants (...)

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Commentaires
Notes
1| Le ras Tafari Makonnen a été couronné le 2 novembre 1930, en Éthiopie, sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Selon le livre sacré Gloire des rois retraçant l’histoire de son antique dynastie, Sélassié est le descendant direct des rois Salomon et David. Il est considéré comme le Messie par les rastafariens.
Bibliographie
Yves Delmas et Charles Gancel, Protest Song. La chanson contestataire dans l’Amérique des Sixties, Textuel, 2005. Du premier Dylan à Woodstock, le récit d’une épopée contestataire.

Jean-Philippe de Tonnac, Bob Marley, Gallimard, coll. « Folio », 2010. ?La dernière des biographies de Bob Marley, par le prolifique écrivain et journaliste Jean-Philippe de Tonnac.

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L'auteur de l'article

Joshua Jelly-Schapiro

auteur-shapiro.jpg Doctorant en géographie à l’université de Berkeley, Joshua Jelly-Schapiro est critique littéraire, et collabore notamment à The Guardian, The Nation et The New York Review of Books.

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