Littérature & Arts

Mercredi 16 décembre 2009

Numéro 11

Imprimer cet article Envoyer cet article à un ami Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Facebook

La Sicile frustrée de Brancati

Alors qu’un érotisme de pacotille envahit tout, Alberto Manguel nous invite à redécouvrir les romans de l’Italien Vitaliano Brancati. Loin du voyeurisme gratuit, une réflexion sur l’inassouvissement du désir.

Le Livre

Le Bel Antonio
couv 51.jpg

Romancier, essayiste, polyglotte et bibliophile, Alberto Manguel est un Canadien né à Buenos Aires et vivant en France. Il fut notamment le secrétaire personnel de l’écrivain argentin Jorge Luis Borges. Auteur de nombreux essais, cet érudit a connu le succès avec son Histoire de la lecture (Actes Sud, 1998), qui s'est vu décerner le prix Médicis. Il a publié en France Tous les hommes sont des menteurs (Actes Sud, 2009).

par Alberto Manguel

Robert Laffont

sicile.jpg

Vitaliano Brancati ne ressemble à aucun autre écrivain italien du XXe siècle. Ses romans ne sont ni ne cherchent à être réalistes. Ses œuvres majeures, notamment Le Bel Antonio, Don Juan en Sicile et Les Plaisirs, sont tout le contraire d’une vision sévèrement objective de la réalité sociale. Sous l’apparence d’une peinture de mœurs, avec des éléments que le rêve emprunte au réel, Brancati construit une sorte de monumental fantasme masculin : l’univers vu par un Adam auquel Dieu a dit qu’il était le roi de la Création et que la femme est sortie de sa côte ; quelque chose de bizarre et pervers, d’implacablement attirant et inaccessible.

Nul n’a montré mieux que Brancati comment, dans une société patriarcale ankylosée (sicilienne dans ce cas, mais l’exemple a valeur universelle), le monde est moins divisé en classes sociales qu’en sexes : d’un côté, les hommes – forts, endurants et sévères –, qui ont décidé que seul le travail masculin était rude et authentique, son vocabulaire digne de foi, ses lois et ses règles valides ; de l’autre, les femmes, supposées faibles, velléitaires et traîtresses, vouées aux travaux légers qu’elles seules trouvent pesants, dotées d’une langue cancanière, trompeuse et fantasque, avec ses codes superstitieux et ses promesses jamais tenues. La phrase caricaturale des machos italiens – « Tout (...)

Pour accéder à cet article, vous pouvez :
- vous inscrire sur le site de Books pour découvrir librement trois contenus du journal : cliquez ici
- souscrire à notre offre d’essai web : pour 6,5€ tous nos articles et toutes nos archives accessibles gratuitement pendant un mois, cliquez ici
- vous abonner à Books : voir l’intégralité de nos offres ici
Déjà abonné ? Identifiez-vous

Commentaires
Sources de l'article

El País

Tous les livres

L'auteur de l'article

Alberto Manguel

Romancier, essayiste, polyglotte et bibliophile, Alberto Manguel est un Canadien né à Buenos Aires et vivant en France. Il fut notamment le secrétaire personnel de l’écrivain argentin Jorge Luis Borges. Auteur de nombreux essais, cet érudit a connu le succès avec son Histoire de la lecture (Actes Sud, 1998), qui s'est vu décerner le prix Médicis. Il a publié en France Tous les hommes sont des menteurs (Actes Sud, 2009).

De cet auteur

Blog

Tous les blogs

Le planisphère de Books

Articles, livres et auteurs par pays