Littérature & Arts

Jeudi 26 février 2009

Numéro 2

Imprimer cet article Envoyer cet article à un ami Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Facebook

La vraie beauté du faux

Ce qui définit l’œuvre, ce n’est pas la main qui l’a faite.

Le Livre

Ailleurs, USA : Comment nous sommes passés de la figure du salarié,?des dîners en famille et de la société de l’abondance au bureau à la maison, aux?mamans-BlackBerry et à l’anxiété économique
elsewhere.jpg
Dalton Conley est professeur de sociologie à la New York University.

par Dalton Conley

Pantheon Books

Sachant que les historiens de l’art avaient relevé un vide dans la production de Vermeer entre la première période, influencée par Le Caravage, et la dernière, organisée autour d’un projet unique de transformation de la lumière, van Meegeren a peint un tableau destiné à combler cette lacune. Il choisit un thème traditionnel de l’époque, les pèlerins d’Emmaüs. Maintenant, qu’importe que cette toile ait été peinte ou non par Vermeer ? Certes, l’authenticité intéresse les acheteurs, qui en font le plus grand cas lorsqu’ils décident des prix. Mais le marché de l’art reste attaché à la conception romantique de l’artiste, celle d’un génie irremplaçable que nul ne saurait imiter à la perfection. Pourtant, dans la Rome antique, les copies des grands sculpteurs grecs circulaient de main en main à des prix astronomiques et les sénateurs romains se les arrachaient pour en décorer leurs villas. Rodin lui-même signait des œuvres exécutées par ses meilleurs disciples. Ce qui définit l’œuvre d’un artiste, ce n’est pas la main qui l’a peinte, mais la manière dont elle en structure les différentes parties ; manière qui caractérise l’ensemble des travaux du peintre et de ses proches disciples. C’est dans ce jeu du beau et du laid, du bon et du mauvais travail que se construit une grammaire qui donne du sens à notre lecture. Mais cette grammaire n’est pas figée. Elle offre une rationalité partielle qui s’articule au (...)

Pour accéder à cet article, vous pouvez :
- vous inscrire sur le site de Books pour découvrir librement trois contenus du journal : cliquez ici
- souscrire à notre offre d’essai web : pour 6,5€ tous nos articles et toutes nos archives accessibles gratuitement pendant un mois, cliquez ici
- vous abonner à Books : voir l’intégralité de nos offres ici
Déjà abonné ? Identifiez-vous

Commentaires
Bibliographie

Autres livres évoqués dans cet article

Anthony Bailey, Vermeer. A View of Delft, Henry Holt & Company, 2001.

Edward Dolnick, The Forger’s Spell, Harper, 2008.

Luigi Guarnieri, La doppia vita di Vermeer, Mondadori, 2004 (paru en français chez Actes Sud en 2006, sous le titre La Double Vie de Vermeer).

Pierre Sterckx, Johannes Vermeer. Voyages à Delft, PUF, à paraître le 25 février 2009.

Autres livres sur Vermeer en français

Daniel Arasse, L’Ambition de Vermeer, Adam Biro, 2004.

Pascal Bonafoux, Vermeer, Éditions du Chêne, 2008.

Marcel Proust, Petit pan de mur jaune d’après la « Vue de Delft » de Vermeer.

Sources de l'article

Folha de Sao Paulo

Tous les livres

En complément

L’homme qui faisait des Vermeer

Virtuose de la supercherie, Han van Meegeren a fabriqué de toutes pièces neuf « Vermeer », au nez et à la barbe des experts. Ses sympathies nazies sont aujourd’hui avérées.

Lire la suite

Blog

Tous les blogs

Le planisphère de Books

Articles, livres et auteurs par pays