Littérature & Arts

Jeudi 29 janvier 2009

Numéro 2

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L’homme qui faisait des Vermeer

Virtuose de la supercherie, Han van Meegeren a fabriqué de toutes pièces neuf « Vermeer », au nez et à la barbe des experts. Ses sympathies nazies sont aujourd’hui avérées.

Le Livre

L’homme qui faisait des Vermeer. Défaire la légende du maître faussaire Han van Meegeren
vermeer.jpg
Jonathan Lopez, historien et écrivain new-yorkais, collabore au magazine d’art britannique Apollo, à The International Herald Tribune et au magazine néerlandais
De Groene Amsterdammer.

par Jonathan Lopez

Harcourt

On peut perdre la tête pour un Vermeer. Marcel Proust en savait quelque chose, qui fut victime d’un infarctus devant la Vue de Delft, exposée en 1921 au Jeu de paume. Il vécut un an encore, juste le temps de transmettre sa bouleversante expérience à l’un de ses personnages : dans La Prisonnière, l’écrivain Bergotte se meurt en délirant sur les détails du tableau. Moins d’un siècle plus tôt, le peintre hollandais était encore presque inconnu…
« Ce Vermeer nous a rendus fous, mais nous l’avons ressuscité », se vantait le grand collectionneur et marchand d’art parisien du XIXe siècle William Bürger, de son vrai nom Théophile Thoré, contraint de s’inventer un pseudonyme pour faire oublier ses frasques révolutionnaires de 1848. Il avait proposé [en  1864] au Britannique Charles Eastlake, alors directeur de la National Gallery, de lui vendre la Jeune fille à la perle pour 4 000 francs. Mais ce dernier jugea la toile indigne du musée londonien. S’il y a un au-delà, nul doute qu’il s’en repent : deux ans plus tard – sir Eastlake n’était déjà plus de ce monde –, Bürger publiait le premier catalogue des tableaux de Vermeer connus. Dès lors, la réputation de ce maître dont les peintures peuvent provoquer des émotions profondes, voire violentes, ne cessera de s’étendre de manière exorbitante. Au point que l’on devint fou aussi pour de faux Vermeer !

(...)

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Sources de l'article

La Repubblica

Créé en 1976, La Repubblica appartient au groupe éditorial L’Espresso contrôlé par l’industriel Carlo De Benedetti. C’est le deuxième quotidien italien le plus vendu après le Corriere della Sera. L’édition en ligne du journal, créée dans les années 1990, est en revanche le principal site d’informations italiennes. Politiquement proche du centre gauche (Parti démocrate italien), La Repubblica est résolument critique vis-à-vis de l’actuel président du Conseil, Silvio Berlusconi.

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L'auteur de l'article

Siegmund Ginzberg

Historien et journaliste italien d’origine turque, Siegmund Ginzberg habite aujour¬d’hui à Rome, après une vie passée entre l’Iran, l’Inde, le Japon, la Corée, la Chine, mais aussi New York, Washington et Paris, où il fut correspondant des quotidiens Il Foglio, L’Unità et La Repubblica.

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