Littérature & Arts

Mercredi 19 novembre 2008

Numero 1

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Oh ! Mon Dieu, faites revivre la France de Julien Green !

Un écrivain allemand succombe au charme de la France vue par le jeune romancier. Car, ce pays à demi disparu, certains étrangers en rêvent… même outre-Rhin.

Le Livre

Souvenirs des jours heureux
Julien Green, écrivain français né de parents américains, a traversé le XXe siècle. Ces Souvenirs ont été publiés en 1942 à New York, où l’auteur avait fui Paris occupé.

par Julien Green

Flammarion

Voici un livre au charme envoûtant et à la nostalgie contagieuse. Julien Green, né américain à Paris en 1900 – et qui toute sa vie resta un « Américain à Paris » –, y exprime son amour pour la France en une multitude de souvenirs enchâssés. Et parce qu’il est un peintre merveilleux, amateur de grandes villes et éternel flâneur, il voit Paris aussi comme un paysage et entraîne le lecteur dans le tourbillon enchanteur d’un « il était une fois… ». Julien Green raconte dans la première partie de son livre – qui, comme les souvenirs de Stefan Zweig, aurait pu s’intituler Le Monde d’hier – son enfance à Paris, alors capitale du monde, et l’époque qui précéda la Grande Guerre. Un temps où les cochers, vêtus avec une rigueur martiale, guidaient de leurs claquements de fouet les attelages impétueux des omnibus à travers des rues encore souvent pavées de bois (1) ; un temps où les écoliers en coquets uniformes devaient, lors des fêtes de fin d’année, écouter attentivement leur directeur drapé de soie jaune cru flanqué de ses administrateurs en robes rouge écarlate bordées d’hermine ; un temps où les bourgades d’Île-de-France ne connaissaient ni automobile ni téléphone.
Le romancier bientôt couronné de succès qui rédige ces souvenirs à New York, à 42 ans, ne se leurre pas : « Je sais très bien qu’il est impossible de peindre le bonheur de l’enfance, cette joie pure, exempte de l’arrière-go (...)

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Commentaires
Notes

1| À partir de 1882, les rues de Paris furent pavées de bois pour atténuer le bruit des sabots. En 1930, plus d’un million de mètres carrés de rues de la capitale étaient couvertes en sapin du Nord, pin des Landes et bois exotiques. Coûteux et difficiles à entretenir, les pavés de bois furent remplacés à partir de 1905 et abandonnés après 1930.

Sources de l'article

Die Zeit

Fondé après la seconde Guerre mondiale, Die Zeit est le grand hebdomadaire d’information générale et culturel allemand. De grand format, constitué de multiples cahiers thématiques, il offre une matière rédactionnelle imposante. Son esprit d’ouverture et sa modération lui assurent une diffusion de 470 000 exemplaires, un score stable, à l’image de la presse hebdomadaire d’outre-Rhin.

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