Dans la tête d’une criminelle chinoise
Le Livre
C’est l’un des paradoxes dont la Chine a le secret : malgré la censure dont l’auteure est régulièrement victime, le roman de Zhang Yihe « Madame Liu » intéresse la presse chinoise. Spécialiste reconnue de l’opéra traditionnel, la romancière est aussi la fille de l’homme politique Zhang Bojun, l’une des principales cibles de la « campagne antidroitière » de Mao, en 1957 (1). Elle-même a été condamnée à dix ans de prison pendant la Révolution culturelle, « des années de terreur qu’elle s’efforce aujourd’hui d’exorciser par l’écriture », rapporte le magazine Shidai Zhoubao (Time Weekly). Son livre donne ainsi la parole à dix prisonnières imaginaires, des « sacrifiées », incarcérées comme Zhang Yihe durant ces années de violence extrême.
La plupart ont été arrêtées pour raisons politiques, mais certaines, comme « Madame Liu », ont commis des crimes de droit commun ou passionnels : cette dernière a tué son mari de sang-froid. « La violence du geste, son contraste avec la sensibilité féminine de la narratrice rendent le récit extr&ec (...)
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