L’arnaque, version nigériane
Le Livre
Voilà une histoire qui donne envie d’aller ouvrir son dossier « courrier indésirable », où atterrissent chaque jour, entre deux annonces pour du Viagra, des propositions toujours plus saugrenues : moyennant participation, le récipiendaire se voit promettre une part du trésor caché d’un dictateur, les dividendes d’un magot saisi chez des trafiquants ou même un pourcentage du salaire versé sur le compte d’un astronaute nigérian abandonné dans l’espace par les Russes à la chute de l’URSS…
Au Nigeria, nombre de cyber-escrocs se sont fait une spécialité de ces courriels dits « scam 419 » (« escroquerie 419 »), en référence à l’article du code pénal qui les punit. Adaobi Tricia Nwaubani en a fait la trame de son premier roman. L’auteure nigériane y narre les aventures du jeune Kingsley, l’aîné d’une famille pauvre, ingénieur et « doté d’une merveilleuse intelligence, mais dépourvu de réseau sur un marché du travail corrompu », constate Chris Cleave dans le Washington Post. De guerre lasse, Kingsley finit par se tourner vers un oncle haut en couleur : flanqué de complices aux surnoms évocateurs (World Bank, Pounds Sterling…) Boniface, alias Cash Daddy, a mis sur pied une très lucrative usine à spams. Kingsley se demande d’abord « qui donc peut être assez stupide pour se laisser berner par l’e-mail d’un inconnu du Nigeria », rapporte (...)
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