« Wikipédia, où est ta démocratie ? »
Pour beaucoup d’internautes, l’encyclopédie illustre un processus de démocratisation du savoir. Mais la part d’illusion est grande.
Le Livre
À l’Institut de l’information de l’université de Berkeley, Paul Duguid est l’un de ceux qui ont le plus attentivement analysé les faux-semblants de la prétendue sagesse des foules.
Wikipédia est devenue la première porte d’accès au savoir pour les internautes. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Pensez-vous que Wikipédia exerce un réel pouvoir dans nos sociétés ?
C’est une question délicate. La première porte d’accès, comme vous dites, est de plus en plus Google et, pour diverses raisons, les pages Wikipédia tendent à apparaître dans les premiers rangs quand on fait une recherche sur ce moteur de recherche. Le pouvoir est donc, me semble-t-il, plutôt du côté de Google. Je trouve plus facile de lier la notion de pouvoir à une organisation ou une institution plutôt qu’à un être aussi informe que Wikipédia. Je ne dirais pas que le site lui-même exerce un pouvoir. Relèvent en revanche de l’exercice d’un pouvoir certains actes commis sur Wikipédia, comme l’utilisation de Wikipédia par des compagnies pharmaceutiques (1) ou encore par des hommes politiques (qui modifient l’article les concernant). Ce qui ne veut pas dire que Wikipédia soit neutre. La « neutralité du point de vue » (NPOV) dont elle se prévaut tend à nous désarmer quand nous cherchons à interpréter un article et permet à des individus et des organisations d’exercer un pouvoir d’une manière qui devrait tous nous préoccuper.
Qu’est-ce qui vous a conduit à vous intéresser de près à Wikipédia ?
Le hasard. En préparant un cours sur la « qualité de l’information », en 2006, je suis allé voir la page de Wikipédia sur Daniel Defoe. La date de naissance indiquée faisait problème (personne ne sait de manière certaine quand il est né), et j’ai changé le texte. Ma modification fut rapidement éliminée. J’ai alors relevé une douzaine d’erreurs dans les premiers paragraphes, et entrepris de les corriger. Ces interventions ont été considérées comme un acte de vandalisme et supprimées par une personne qui était, je crois, un expert de la ligne de bataille des navires pendant la guerre de Sécession, ou quelque chose de ce genre. Les justifications apportées par ceux qui éliminaient mes corrections m’ont paru des plus bizarres. J’ai fait de cet incident un sujet pour mes étudiants.
La charte éditoriale de Wikipédia pose que « le seuil d’inclusion dans Wikipédia est la possibilité de vérifier, non la vérité : c’est quand les lecteurs sont en mesure de vérifier que les données insérées ont déjà été publiées par une source sûre, pas quand nous pensons que c’est la vérité ». Que penser de cela ?
C’est un point éminemment problématique. En répondant à des critiques du genre de celles que je formulais sur l’article Daniel Defoe, Wikipédia m’a réclamé des citations. Je pense qu’ils voyaient là une solution simple et rapide, mais cela ne faisait que sortir le problème du périmètre de Wikipédia pour le transférer sur les sources. Mais demander au lecteur de vérifier et de justifier les sources est au-delà du raisonnable. Donc le recours à la citation est devenu un mode de résistance. On nous dit plus ou moins : si vous voulez changer cette phrase, lisez d’abord ce livre. L’article anglais consacré au concept important et complexe de « quatrième pouvoir » comporte ainsi une référence à un mauvais roman de Jeffrey Archer, qui porte ce titre. Si vous regardez aujourd’hui les citations fournies dans l’article sur Defoe, c’est un méli-mélo invraisemblable ; aucun des auteurs majeurs sur Defoe n’est cité. Mais on trouve dans le corps de l’article un long développement sur le livre d’un romancier, Tom Severin, lequel n’apparaît pas dans les citations et n’est guère considéré comme une référence.
Dans le livre que vous avez écrit sur « la vie sociale de l’information », vous insistiez sur la distinction entre information et connaissance. Wikipédia est-elle du côté de l’information ou de la connaissance ?
La connaissance a une dimension personnelle que l’information n’a pas. En termes simples, je peux vous transmettre l’information que j’ai sur un certain sujet, pas la connaissance que j’en ai. Wikipédia fournit de l’information, pas de la connaissance. Mais j’en dirais autant de la Britannica ou de l’Encyclopédie de Diderot. De mon point de vue, ces œuvres collectives ne sont pas de la connaissance, mais plutôt des représentations de la connaissance.
Dans ses pages de présentation, Wikipédia affirme qu’elle « n’est pas une expérience de démocratie ». Mais il existe de nombreux témoignages en sens contraire. Qui faut-il croire ?
Je pense que les artisans de Wikipédia ont longtemps cru que c’était une sorte de démocratie du savoir, puis ils se sont un peu détachés de cette idée, ayant dû, pour répondre aux défis portant sur la qualité, créer une hiérarchie de participants et développer une institution, la Fondation Wikimédia. Aujourd’hui, de nombreux usagers considèrent le site comme démocratique. Mais sa nature n’est plus très claire. Les vieux préjugés contre les titres et l’expertise continuent de prospérer, et des décisions arbitraires continuent d’être prises.
Le sous-titre du livre de James Surowiecki La Sagesse des foules était « Pourquoi le grand nombre est plus intelligent (2) ». Cela semble contredire la loi de Gresham, qui veut que la mauvaise monnaie chasse la bonne. Est-ce que Wikipédia illustre ce credo ?
Un problème avec la thèse de Surowiecki (du point de vue de l’économiste) est qu’elle semble ignorer la question de la liquidité. Sa thèse s’inspire des règles du marché. Pour qu’elle soit applicable, il faut d’abord un nombre suffisant de participants. Wikipédia repose sur une foule non négligeable, mais de nombreuses pages ne sont sans doute consultées que par leur créateur. L’argument de Surowiecki requiert aussi une distribution normale de la probabilité : si la foule cherche à deviner le poids d’un cochon (il donne cet exemple), on voit la plus forte densité de réponses se grouper autour du bon poids. Mais sur une question comme la date de naissance de Defoe, on ne rencontre pas ce type de distribution. Si bien que la thèse de Surowiecki me paraît ne rien expliquer.
Un théorème de Condorcet dit qu’un groupe prend de meilleures décisions quand au moins la moitié de ses membres a le savoir nécessaire (3). Ce théorème nous dit-il quelque chose sur Wikipédia ?
Oui, je pense. Les gens qui cherchent à deviner le poids d’un cochon dans une foire agricole ont une bonne appréhension intuitive du poids, en raison de leurs connaissances agricoles. Mais demandez à un groupe de gens choisis au hasard de deviner la date de naissance de Condorcet…
Le sous-titre du livre de Clay Shirky (lire « Le Web au service des dictatures » ) est « Le pouvoir d’organiser sans les organisations ». Ceci s’applique-t-il à Wikipédia ?
En analysant le monde des logiciels libres, j’ai été frappé par la part d’organisation cachée. De même, me semble-t-il, Wikipédia a généré une bonne dose d’organisation, dont on ne parle guère mais qui exerce une forte influence. En outre, les contributeurs exploitent évidemment divers éléments d’« organisation » : l’instruction qu’ils ont reçue, des livres, des articles, etc. Même extérieure au site, l’organisation joue un rôle. Je pourrais ajouter que des éléments de la page consacrée par Wikipédia à Clay Shirky semblent avoir été écrits de la même main que celle qui a rédigé son site Web : une « organisation » invisible vient servir la thèse qu’il n’y a pas besoin d’organisation…
Dans votre étude de Wikipédia, vous insistiez sur deux notions : la modularité et la granularité. En quoi importent-elles ?
Ces mots viennent du livre de Yochai Benkler, La Richesse des réseaux (4). Benkler exalte la culture des logiciels libres. Il tire de ce milieu l’idée que, si un projet peut être morcelé en unités « modulaires » de petite taille (« granularité ») destinées à être travaillées séparément, ces modules peuvent ensuite être réassemblés et transformer le projet. Ma thèse est que si cela marche généralement pour les logiciels, c’est beaucoup plus difficile pour les projets culturels. Par exemple, quel est le bon module pour une encyclopédie ? Wikipédia tend à fonctionner comme si c’était la phrase. Les gens vont donc changer une phrase sans se demander quels effets cela produit sur l’article, encore moins sur l’ensemble de l’encyclopédie. C’est très problématique. Dans l’article sur Defoe, par exemple, on le voyait mourir à une certaine date au début du texte, à une autre date à la fin. Personne n’avait remarqué parce que personne n’avait considéré l’article lui-même comme un module. De même, quelqu’un va faire un ajout dans un article sans réaliser que cela vient perturber d’autres articles. Dans les ouvrages de référence habituels, ce travail de coordination est fait par les éditeurs et il est essentiel.
Wikipédia est-elle une meilleure encyclopédie dans certains domaines et, si oui, pourquoi ?
Je suis sûr qu’elle est meilleure que la plupart de ses rivales en matière de culture populaire. Ce secteur est convenablement peuplé (la liquidité dont je parlais), et il existe en général une bonne connaissance des choses en question (où l’on retrouve Condorcet). Elle peut donc humilier la Britannica sur les icônes populaires et la culture courante. Mais, en général, un article de Wikipédia est loin d’approcher la qualité de la même entrée dans une encyclopédie ou un dictionnaire digne de ce nom. Je serais surpris, par exemple, de trouver un seul personnage de l’Oxford Dictionary of National Biography qui soit mieux traité dans Wikipédia. Je pense que c’est dû au fait que ce genre d’ouvrage exige beaucoup de temps et d’organisation pour surmonter les limites de la modularité et de la granularité que Shirky et Benkler semblent avoir oubliées.
Vous avez critiqué le livre d’Andrew Keen, Le Culte de l’amateur (5). Mais que pensez-vous du titre ?
Beaucoup de bien. Ce que je n’ai pas aimé dans le livre, c’est que le sujet, qui méritait d’être traité sérieusement, le soit aussi mal. Cela ne vaut rien de chercher à démolir Wikipédia, comme Keen le fait, si on ne fait pas mieux qu’elle. Dans un débat qui m’a opposé à lui, j’ai fait observer que, sur les points sur lesquels Keen se trompait, Wikipédia fournissait la bonne réponse.
Selon l’« effet Mathieu » énoncé par le sociologue Robert Merton, les nouvelles ressources disponibles bénéficient d’abord à ceux qui en possèdent déjà le plus. Ceci s’applique-t-il à Wikipédia ?
Je pense qu’il est beaucoup plus facile de faire usage de Wikipédia quand on est équipé pour savoir là où elle a de bonnes chances de faire fausse route et pourquoi. L’effet Mathieu vaut de manière générale pour tous les projets de ce genre, comme le projet Gutenberg (6) ou Google Books (lire l'encadré : « Et Google Books ? »). Quand on prétend ouvrir à tous le champ de la compétence, on ne fait trop souvent que donner aux initiés une occasion supplémentaire de jeter de la poudre aux yeux.
Au total, pensez-vous qu’Internet favorise ou va favoriser l’accès à la connaissance fiable ?
Dans la lignée de ce que je disais tout à l’heure, je pense que les technologies peuvent nous donner un accès à l’information, mais que la connaissance est un bien que nous acquérons par un engagement plus actif. Il est indéniable qu’Internet nous aide de bien des façons, mais je ne pense pas qu’il favorise (ni défavorise) la fiabilité. Comme toujours avec les concepts de vérité et de fiabilité, il y a un énorme avantage à faire prendre des vessies pour des lanternes. Chaque fois que quelqu’un trouve un nouveau moyen de fournir des ressources fiables, on verra quelqu’un d’autre s’employer à essayer de construire quelque chose qui y ressemble mais qui est trompeur. Cela m’a toujours intrigué de voir que les premiers utilisateurs de l’ouvrage fondateur de Mabillon sur la « diplomatique » ont sans doute été des faussaires : en nous montrant comment reconnaître un faux, Mabillon a aussi appris aux faussaires les moyens de nous tromper (7).
Propos recueillis par Books.
=> Comparer l'article Wikipédia sur Daniel Defoe avec les articles Universalis et Britannica
Commentaires
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Nous avons je pense compris qu'il ne servait de rien de commenter ici sur le fond : nous sommes plusieurs à avoir essayé de corriger approximations et erreurs de précédents articles portant sur Wikipédia et vous refusez apparemment à la fois d'en tenir compte ou même de répondre. C'est regrettable, mais noté. Permettons-nous donc de poser une autre question en nous portant sur le plan de l'éthique, sujet (à juste titre) cher aux journalistes. Nous trouvons donc parmi vos "partenaires", l'Encyclopedia Universalis, dont le modèle économique est remis en cause par la présence de Wikipedia. Ce partenariat s'accompagne donc de la publication d'articles toujours très critiques envers Wikipedia, à tel point qu'une rubrique tout entière y est consacrée ("wikigrill"). L'article ci-dessus va au-delà puisque, en choisissant consciencieusement un article précis, vous permettez un accès gratuit à des ressources normalement payantes dans le but avoué de montrer que l'EU est meilleure que WP. Ne pensez-vous pas que ce lien entre soutiens publicitaires et articles de fond pose problème ? Merci de votre réponse
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Je remercie M. Mathis de l’intérêt qu’il porte à notre modeste rubrique WikiGrill, dont l’objet est de souligner, à l’occasion, les faiblesses congénitales de l’entreprise Wikipédia. Ces faiblesses apparaissent crûment dans la plupart des articles portant sur des sujets un tant soit peu complexes ou controversés. Compte tenu de l’énorme impact de Wikipédia sur le grand public et en particulier les jeunes, souligner ces faiblesses nous paraît relever du service public. Il est piquant de lire sous la plume d’un administrateur de Wikipédia qu’il « ne servait à rien de commenter sur le fond » en raison du fait que nous ne répondrions pas aux « erreurs et approximations » que certains wikipédiens auraient repéré dans nos « wikigrills ». Nous postons tous les commentaires qui nous semblent pertinents ou apportent des informations. Pourquoi les honorables contributeurs de Wikipédia n’ont-ils pas même répondu à la critique que nous avons faite de l’article de Wikipédia sur Wikipédia elle-même ? Ne serait-ce pas que l’article visé comporte trop d’approximations pour pouvoir donner lieu à une mise au point crédible ? Si nous avons choisi de passer un accord avec Universalis pour donner à nos lecteurs un accès gratuit à certains de leurs articles, ce n’est pas par appât du gain, comme M. Mathis le laisse entendre en parlant de « soutien publicitaire ». Nous ne tirons pas un centime de cet accord, qui a été passé à notre demande, dans un but précis. Il s’agit d’apporter à nos lecteurs une information à notre sens fort précieuse. Prenons un exemple récent, celui de Freud et du déni. Il est extrêmement instructif de voir les différences de traitement entre l’encyclopédie française (Universalis) et l’encyclopédie américaine (Britannica). Montrer côte à côte, sur un même sujet, les articles de deux grandes encyclopédies issues de cultures différentes apporte à la fois un supplément d’information et un éclairage singulier sur le poids de la culture des auteurs dans la rédaction d’un article d’encyclopédie, fût-elle à comité de lecture. En l’occurrence, les wikipédistes peuvent s’estimer heureux que nous n’ayons pas évoqué l’article ridicule de Wikipédia sur le déni
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Wikipédia, où est ta démocratie ? C'est une bonne chose de juger des résultats de Wikipédia mais une fois qu'on a constaté les défauts il faut plonger à l'intérieur de la forteresse pour y trouver les causes. Wikipédia bénéficie d'une image de projet généreux, ouvert à tous et "libre", pourtant c'est tout le contraire. La démocratie dans Wikipédia c'est un petit groupe d'"administrateurs" qui la font, figurez-vous qu'ils sont élus à vie par une centaine de personnes maximum (50 le plus souvent) sur 5000 contributeurs actifs et cela car ils ne font aucune publicité pour les scrutins. Ensuite vous devez savoir qu'ils ont supprimé la fonction de médiateur des conflits d'édition et s'attribuent le droit de les arbitrer sans aucune discussion, tout ça en totale contradiction avec les principes de base énoncés par le fondateur de Wikipédia. Tout fonctionne par copinage, si vous souhaitez faire passer votre point de vue, il est primordial d'avoir des amis chez les administrateurs. Les contributeurs qui exigent l'application des règles de Wikipédia sont laminés, isolés puis finalement bannis s'il le faut et cette mainmise sur le site s'observe tous les jours en toute impunité. Lire cette page pour un avant gout des méthodes utilisées, tout est facilement vérifiable et reproductible : http://www.wiki-observateur.org/index.php?title=Pages_sous_contr%C3%B4le Alors quand je lis le titre de votre article je ne peux m'empêcher de sourire. Cordialement, Wiki Buster
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Je vous remercie de votre réponse. En tout cas d'avoir répondu. Ce que je reproche à cette rubrique - en dehors de certaines erreurs ponctuelles provenant d'une mauvaise information - n'est pas tant sa non-pertinence que son inutilité. La plupart des reproches que vous émettez se trouvent dans les pages d'aide et d'introduction de Wikipédia. On peut répéter ces quelques idées sur tous les tons, chaque mois, avec différents exemples, cela ne me semble guère fécond. Le mieux est peut-être de tenter d'améliorer les articles plutôt que se plaindre qu'ils sont mauvais ? Former les lecteurs plutôt que crier à leur désinformation ? Aider et agir plutôt que dénoncer ou pleurer sur le sort de la Culture ? C'est en tout cas la voie que j'ai personnellement choisie. Car mon métier n'est pas d'être membre du Conseil d'administration de Wikimedia France ou administrateur de Wikipédia, contrairement à ce que vous semblez croire, mais d'être conservateur à la Bibliothèque nationale. Le gros problème des gens qui interviennent dans cette rubrique est qu'ils considèrent qu'il y a « les wikipédiens » qui agissent (souvent médiocrement) et le reste du monde (qui regarde), refusant par là-même toute responsabilité sur la qualité des articles. Or si la notion de « wikipédien » est employée par facilité de langage, elle n'a aucun sens rigoureux : tout internaute est (ou devrait être) un wikipédien. En tout cas ceux qui possèdent des connaissances à partager. Je m'étonne toujours qu'un spécialiste se permette de se plaindre que ses sujets de prédilection soient mal traités : qui est mieux placé que lui pour reprendre ces articles et les améliorer ? Je vous assure que les thèmes sur lesquels je publie ne sont pas maltraités dans Wikipédia. Voyez l'article « jansénisme », rédigé avec quelques amis : je ne le crois pas mauvais. Je trouve très surprenant également que M. Duguid (dont l'article de First Monday était excellent... mais date de 2006) dise «Je serais surpris, par exemple, de trouver un seul personnage de l’Oxford Dictionary of National Biography qui soit mieux traité dans Wikipédia ». Nous savons comment se passe la rédaction des notices de dictionnaire : les professeurs ont mieux à faire et vont au plus vite. Généralement, puisqu'il s'agit d'une synthèse, un doctorant sérieux fera du meilleur travail qu'un grand ponte manquant de temps. Or, ce sont ces doctorants qui rédigeront un article pour Wikipédia, de manière sérieuse et informée. Prenons un exemple que je connais bien, en nous plaçant en France : Arnauld de Pomponne, secrétaire d'Etat des Affaires étrangères de Louis XIV (1671-1679). La meilleurs notice imprimée se trouve dans le Dictionnaire de biographies françaises et a été rédigée en 1933. Depuis, les professeurs (dignes d'estime) qui ont rédigé des notices sur lui dans le Dictionnaire du Grand Siècle, le Dictionnaire de Port-Royal ou le Dictionnaire des ministres des Affaires étrangères ont fait moins bien - par manque de temps, d'intérêt ou de place allouée. Le meilleur article est celui de Wikipédia, long, sans erreurs factuelles et à jour des connaissances... et accessible gratuitement à tous. Car je trouve tout de même plaisant que vous soyez précisément obligés de nouer un partenariat pour montrer qu'Universalis propose de bons articles. Personne ne met en doute leur qualité (encore que... cela dépend) mais peut-être le problème relève-t-il de leur mode de diffusion. À défaut de pouvoir les lire, les internautes les rédigent donc. Et pris dans leur élan, en rédigent 2, 5, 10 fois plus... et les tiennent à jour... Enfin, vous me permettrez de vous renvoyez vers le très bon billet de David Monniaux, qui fut mon collègue au conseil d'administration de Wikimédia France et est enseignant-chercheur, qui souligne mieux que je ne le ferais les problèmes éthiques que posent cette rubrique - dans le contexte plus large du monde de l'édition française : http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2010/03/22/Wikigrill,-ou%C2%A0comment-s-attaquer-aux-faibles
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Rémi Mathis vous nous servez les sempiternelles incantations lénifiantes du genre : "Venez améliorer Wikipédia au lieu de la critiquer", alors je suis allé voir vos contributions sur WP et quelle surprise vous n'êtes apparement jamais présent sur le Bulletin des administrateurs, alors quel genre d'admin êtes-vous donc ? Vous vivez dans votre petit monde au milieu de vos pages de prédilection bien à l'écart du tumulte de WP, là où on persécute les wikipédiens indociles et où on monte des cabales pour les ridiculiser et les faire bannir ? J'ai quand même remarqué que vous avez bataillé pour faire passer le point de vue que les frères Bogdanoff ne sont pas des "vrais scientifiques", votre statut d'admin vous a aidé un peu n'est-ce pas ? Mais peut-être êtes-vous sincère après tout. Il se pourrait qu'un jour un admin de l'espèce des requins s'interesse à vos contributions et vienne vous découper en rondelle avec ses amis avant de vous faire exclure quand vous invoquerez un peu trop lourdement les règles de WP, c'est arrivé maintes fois. Alors conservez en tête le nom wikibuster.org, vous serez le bienvenu pour y témoigner, pendant que les amins vous classeront publiquement dans les "aigris de WP". :)
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Google Books ?
Paul Duguid s’est penché sur un cas : le roman de Lawrence Sterne, Tristram Shandy. À l’été 2007, deux éditions du xviiie siècle avaient été scannées par Google, l’une à Harvard, l’autre à Stanford. Mais à Harvard, la machine a raté la première lettre du roman, « I », si bien qu’il paraît commencer par ce mot : « Wish ». À la page 17, le texte est amputé sur toute sa hauteur des premières lettres de chaque ligne. Plusieurs pages comprennent des passages illisibles. Le scanneur n’a pas compris que Sterne avait inséré une page noire pour célébrer la mort du « pauvre Yorick », si bien que la page a disparu. Dans l’édition googlisée de Stanford, la première page du texte a sauté : elle est blanche. Le début du deuxième chapitre n’est pas le même que celui de l’édition googlisée de Harvard. Et ainsi de suite. Pour avoir « accès à l’information », il ne reste plus au citoyen du Net qu’à se rendre sur place… À Stanford, le volume est relégué dans une annexe de livres rarement consultés, où l’on pénètre après avoir longuement fouillé dans le catalogue et sans garantie de trouver l’ouvrage à sa place.
http://131.193.153.231/www/issues/issue12_8/duguid/#d1





























Les universitaires patentés ont toujours critiqués ceux qui ne reconnaissent pas leur monopoles . "Chasse gardée" . C'était déjà le cas du temps de Galilé et de Rabelais et cela n'a pas changé . C'est indigne de la part d'un journal comme le vôtre qui prétend être ouvert de s'associer au dénigrement d'une initiative comme Wikipédia . Dénigrez dénigrez il en restera toujours quelque chose . Et Booksmag pourquoi ne serait-il pas pris pour cible .N'avez vous jamais eût recours à Wikipédia dans vos articles et avec succès .Mieux vaudrait vous en prendre aux industries pharmaçeûtiques et aux politiques qui parasite ce travail d'encyclopédie,plutôt qu'à l'encyclopédie elle-même . Mais vous n'en avez peut être pas le courage . C'est minable . Salutations