La première condamnation de l’homosexualité
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La première condamnation de l’homosexualité

Écrit par La rédaction de Books publié le 19 mai 2017

Le Parlement européen a enjoint jeudi 18 mai les autorités tchétchènes à mettre fin à leur « campagne de persécution » contre les homosexuels. Le président Ramzan Kadyrov cherche à instrumentaliser politiquement l’homophobie. En cela, il ne fait que remonter à sa source. Car comme l’explique le professeur de littérature Louis Crompton, dans Homosexuality and Civilization, la condamnation de l’homosexualité est née quand les cultes judéo-chrétiens ont voulu s’affirmer face aux autres pratiques religieuses de l’ancien Proche-Orient. Ils se seraient appuyés sur la condamnation de l’homosexualité pour dénigrer ces religions dans lesquelles des prêtres travestis jouaient des rôles importants. Cette première réprobation est visible dans le Lévitique, daté de 550 avant notre ère soit l’époque même de l’apogée de la poésie homoérotique en Grèce. Et ses auteurs sont clairs. Ils attendent que cette interdiction ne s’applique pas seulement aux croyants mais à toute l’humanité. C’est ainsi, écrit Crompton, qu’« ils ont scellé en Occident le sort des hommes qui aiment des hommes pour quatorze siècles ».

Car les pères de l’Eglise chrétienne n’ont pas laissé ce passage des anciennes écritures de côté. Ils y ont vu un moyen de se différencier des cultures romaines et païennes. L’apôtre Paul en a fait un axe central de la chrétienté. Augustin et Jean Chrysostome, pour légitimer ce pêché, ont été jusqu’à réinterpréter un passage de la Genèse : la destruction de Sodome et Gomorrhe. Selon les prophètes et commentateurs anciens, Dieu détruit Sodome à cause de la richesse, de l’arrogance et du manque d’hospitalité de ses habitants. Dans la relecture des pères de l’Eglise, l’homosexualité devient leur principale faute, créant ainsi le pêché de sodomie. Peu à peu, ce-dernier en vient à être l’explication de toutes les catastrophes touchant la chrétienté, des désastres naturels aux défaites militaires.

Toutes les autres civilisations ont traité l’homosexualité de manière plus clémente, assure Crompton.  Elle était tolérée voire approuvée non seulement par les Grecs et les Romains, mais aussi au Japon et en Chine. Les royaumes chrétiens installés dans toute l’Europe, eux, en font un crime, parfois puni de mort.

 

A lire aussi : L’homosexualité a une composante biologique, Books, décembre 2013.

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