Ces horloges internes qui nous gouvernent
Des algues aux êtres humains, tous les organismes vivants possèdent des « gènes horlogers » qui en régissent le fonctionnement physique et comportemental. La compréhension de ces mécanismes est l’une des plus extraordinaires aventures de la science moderne.
Le Livre
Les rythmes de la vie. Sur les horloges biologiques qui contrôlent le quotidien de tout organisme vivant
par Russell Foster
Yale University Press
© Flore-Aël Surun / Tendance Floue
Les plantes, les animaux, les bactéries même, n’ont pas besoin d’horloge mécanique pour compter les heures avec une précision époustouflante. L’avancée de la civilisation aurait-elle privé l’humanité de son intime connaissance des rythmes naturels??
L’ homme a inventé d’innombrables manières de mesurer le temps, des cadrans solaires aux clepsydres et autres sabliers, de la pendule à la montre, jusqu’à l’horloge atomique moderne. Inventée en 1950, celle-ci se fonde sur une seconde équivalant à la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation de l’atome de césium. Cette « seconde atomique » est égale à 1/86 000 du jour solaire moyen et possède une exactitude d’une seconde pour trois millions d’années. Pas mal, si vous êtes soucieux de ponctualité. Que le temps existe réellement ou non (comme les philosophes continuent de se le demander), qu’il « passe » réellement ou pas, toutes les horloges ont ceci de commun qu’elles mesurent un changement physique bien défini, régulier et uniforme.
Dans leur merveilleux ouvrage, Russell F. Foster et Leon Kreitzman nous rappellent que, si notre capacité à mesurer le temps n’a cessé de s’améliorer, nous avons pourtant « perdu progressivement la bataille contre le temps. Au lieu de contrôler nos horloges modernes, ce sont elles qui nous contrôlent ». Que l’on y songe : lorsque nous voulons savoir s’il est le moment de manger, d’aller se coucher ou d’organiser les vacances, nous commençons par regarder nos montres, nos pendules et autres calendriers. Ces outils nous tyrannisent chaque jour davantage. Mais regardez un instant la nature : sans la moindre Rolex, ni même la moindre Swatch, le papillon monarque mi (...)
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Notes
1| Jonathan Weiner, Time, Love, Memory. Great Biologist and his Quest for the Origins of Behavior, Vintage, 2000. (NdlR)
2| Cette forme d’encéphalopathie spongiforme, liée à une anomalie du gène de la protéine prion, concernerait une quarantaine de familles dans le monde. Elle se traduit notamment par une insomnie clinique. (NdlR)
Bibliographie
Claire Lambert et Pierre Leconte, La Chronopsychologie, PUF, coll. « Que sais-je?? », 1995.
Ladislas Robert, Les Horloges biologiques, Flammarion, 1997.
Dr. Marc Schwob, Les Rythmes du corps. Chronobiologie de l’alimentation, du sommeil, de la santé…, Odile Jacob, 2007.
Sources de l'article
The New Republic





























