Sciences

Lundi 26 avril 2010

Numéro 13

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Climat : Apocalypse Tomorrow

La palme du pessimisme climatique revient incontestablement à James Lovelock. Aujourd’hui nonagénaire, ce scientifique de haut niveau, iconoclaste de toujours, est formel : l’humanité va bientôt subir une extinction massive, comme jadis les dinosaures.

Le Livre

Le visage de Gaïa disparaît. Dernier avertissement
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James Lovelock est un scientifique gallois de réputation internationale. Il a été le premier à donner l’alerte sur le danger des chlorofluorocarbones pour la couche d’ozone. Il a développé une théorie originale des dynamismes fondamentaux de la planète Terre.

par James Lovelock

Basic Books

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L’idée que la Terre est un organisme vivant remonte au moins à Platon, pour qui la planète était « une créature vivante, parfaite, une et indivisible » selon le philosophe Francis Bacon (1). Mais il fallut attendre le début des années 1970 pour voir James Lovelock et sa collègue Lynn Margulis élaborer une hypothèse scientifique vérifiable sur les propriétés biologiques de la Terre (2). Baptisée « hypothèse Gaïa », elle soutient que l’ensemble du vivant tend à maintenir à la surface de la planète des conditions propices à la vie même. En 2006, ceci valut à Lovelock de rejoindre Charles Darwin parmi les lauréats de la plus haute distinction dans ce domaine, la médaille Wollaston de la Société de géologie de Londres. Lors de la remise du prix, le président de l’institution soulignait que l’hypothèse Gaïa avait « ouvert un champ entièrement nouveau dans l’étude des sciences de la Terre ».

Le système d’autorégulationde la Terre est en train de céder


Aujourd’hui, selon James Lovelock, l’hypothèse est devenue une théorie scientifique à part entière (une hypothèse scientifique est une idée non vérifiée, avancée pour expliquer un fait, tandis qu’une théorie est vérifiée et, en général, tenue pour vraie). Un pas en ce sens a notamment été franchi en 2001, quand les scientifiques de quatre programmes internationaux de recherche sur le climat ont repris (...)

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Commentaires
Notes
1| Ce n’est pas à Platon, mais à Pythagore que Bacon attribue cette idée, qu’il juge « fantasmagorique ». L’idée ne s’applique d’ailleurs pas à la Terre (dont on ignorait qu’elle était une planète), mais au monde tout entier. Francis Bacon, Sylva Sylvarum, 1627.

2| Lynn Margulis est une microbiologiste américaine de renom, qui a développé une hypothèse naguère controversée mais aujourd’hui vérifiée sur l’origine des eucaryotes (cellules à noyau). Le premier livre de Lovelock sur le sujet est Gaia. A New Look at Life on Earth, Oxford University Press, 1979 (La Terre est un être vivant, Éditions du Rocher, 1990).

3| Déclaration d’Amsterdam sur le changement global.

4| James Lovelock. In Search of Gaia (« James Lovelock. En quête de Gaïa »), Princeton University Press, 2009.

5| Voir notre article sur Freeman Dyson dans Books, n°10 (novembre-décembre 2009).

6| The Medea Hypothesis. Is Life on Earth Ultimately Self-Destructive? (« L’Hypothèse Médée. La vie sur terre est-elle destinée à s’autodétruire?? »), Princeton University Press, 2009.

7| Encore cette thèse ne fait-elle pas l’unanimité. Voir G. Keller et al., PNAS, vol. 101, no 11, 2004, p. 3753-3758.

8| Sur ces questions, le point de vue de Lovelock n’est pas aussi isolé que l’écrit Flannery. Voir par exemple l’article de Freeman Dyson, Books, n°3 (mars 2009) et l’article sur Freeman Dyson dans Books, n°10, novembre-décembre 2009.

9| Sur le livre de Carson (Plon, 1963), voir Books, n°1, novembre 2008.

Sources de l'article

The New York Review of Books

Créé en 1963, ce bimensuel publié à New York est une véritable institution intellectuelle et littéraire. Rédigés par les meilleurs auteurs, ses essais se distinguent par une exceptionnelle qualité d’écriture et de réflexion. Hannah Arendt, Jean-Paul Sartre, Nadine Gordimer, Vaclav Havel, Gore Vidal ont écrit dans ses colonnes, faisant le succès (125 000 exemplaires vendus) et la réputation de la New York Review.

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L'auteur de l'article

Tim Flannery

tim-flannery-.jpg Biologiste, paléontologue et spécialiste des mammifères, l’Australien Tim Flannery est aussi connu pour son écologisme militant. Il préside le Copenhaguen Climate Council, think tank qui rassemble des industriels, des décideurs politiques, des scientifiques et des journalistes. Il est l’auteur de nombreux livres, dont tout récemment Now or Never (« Maintenant ou jamais »), Atlantic Monthly Press, 2009.

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