Les remèdes énergiques sont les pires
Les stratégies radicales préconisées par certains économistes ou écologistes risquent de détourner des ressources précieuses pour des bénéfices incertains. La solution d’un économiste, et celle d’un scientifique.
Le Livre
Une question d’équilibre. Peser les options d’une politique de lutte contre le réchauffement climatique
par William Nordhaus
Yale University Press
Il avait choisi l’endroit pour observatoire car, loin de tout continent, l’air ambiant n’y est pas contaminé par les activités humaines ou la végétation. Les mesures ont continué après son décès. Elles montrent un accroissement ininterrompu sur cinquante ans du taux de CO2 dans l’atmosphère (voir p. 18). Le graphique révèle deux phénomènes manifestes et remarquables. D’abord, une augmentation régulière du taux de CO2, de 315 pa (...)
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Notes
1| DICE est l’acronyme de Dynamic Integrated Model of Climate and the Economy (Modèle dynamique intégré du climat et de l’économie). « DICE est la dernière génération d’une série de modèles élaborés dans ce secteur », écrit Nordhaus dans son livre (NdlR).
2| Le raisonnement de Nordhaus porte, pour simplifier, sur le seul CO2. Mais il vaut pour les autres gaz à effet de serre (NdlR).
3| N. Stern, The Economics of Climate Change. The Stern Review, Cambridge University Press, 2007. Professeur à la London School of Economics, Nicholas Stern a été l’économiste en chef de la Banque mondiale de 2000 à 2003.
4| C’est l’ordre de grandeur du krach fi ancier de 2008 [NdlR].
5| GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
6| Une molécule de carbone reste à peu près douze ans dans l’atmosphère avant d’être absorbée par un végétal terrestre. Si l’on tient compte de l’absorption de carbone par les océans, la durée de maintien dans l’atmosphère est proche de cinq ans.
Bibliographie
Édouard Bard, L’Homme et le climat : une liaison dangereuse, Gallimard, coll. «Découvertes », 2005.
Catherine Gauthier et Jean-Louis Fellous, Eau, pétrole, climat : un monde en panne sèche, Odile Jacob 2008.
Sylvie Faucheux et Haitham Joumni, Économie et politique des changements climatiques, La Découverte, 2005
Jean Jouzel, Claude Lorius, Dominique Raynaud, Planète blanche. Les glaces, le climat et l’environnement, Odile Jacob 2008.
William F. Ruddiman, Earth’s Climate. Past and Future, W.H. Freeman, 2007.
Sources de l'article
The New York Review of Books
Créé en 1963, ce bimensuel publié à New York est une véritable institution intellectuelle et littéraire. Rédigés par les meilleurs auteurs, ses essais se distinguent par une exceptionnelle qualité d’écriture et de réflexion. Hannah Arendt, Jean-Paul Sartre, Nadine Gordimer, Vaclav Havel, Gore Vidal ont écrit dans ses colonnes, faisant le succès (125 000 exemplaires vendus) et la réputation de la New York Review.
Dyson et les climatologues
Après avoir observé que « l’environnementalisme a remplacé le socialisme comme principale religion séculière », il écrit : « Malheureusement, certains membres du mouvement écologiste ont adopté un article de foi selon lequel le réchauffement climatique est la principale menace qui pèse sur l’environnement de la planète. C’est l’une des raisons pour lesquelles le débat sur le réchauffement est devenu si acide et passionné. Une bonne partie de l’opinion en est venue à considérer que toute personne affichant son scepticisme sur les dangers du réchauffement était un ennemi de l’environnement. Or nombre de sceptiques sont des écologistes fervents. Ils sont horrifiés de voir le réchauffement climatique distraire l’attention du public de dangers plus sérieux et plus immédiats, comme les armements nucléaires, la dégradation de l’environnement et l’injustice sociale. »
(1) Ernesto Zedillo et al., Global Warming. Looking Beyond Kyoto (« Réchauffement climatique. Au-delà de Kyoto »), Brookings Institution Press, 2008.



























