Camille Limoges : « L’autonomie universitaire n’est pas ce que croient les Français »
Une bonne université doit laisser à chaque département la liberté de choisir ses étudiants et de recruter et évaluer ses enseignants-chercheurs. L’université, non le système des grandes écoles et des instituts de recherche publics, doit être le centre de gravité de l’enseignement supérieur et de la recherche.
© Édouard Caupeil pour Books
Camille Limoges : « L’hétérogénéité des diplômes universitaires n’est pas un scandale ».
D’abord le libre choix, par l’établissement, des étudiants et des professeurs. Commençons par les étudiants. Dans toutes les bonnes universités que je connais, un étudiant qui dépose sa candidature est accepté ou refusé, en fonction de normes établies non par l’État ni même d’ailleurs par l’université en tant que telle, mais au premier chef par le département universitaire, donc par les responsables de la discipline. En Amérique du Nord, ces normes diffèrent d’une université à l’autre. Par exemple, j’ai enseigné dans deux établissements au Québec. Dans l’un, les conditions d’entrée sont beaucoup plus sélectives. C’est que l’autre s’est explicitement donné une vocation plus populaire et, dans un esprit de démocratisation, admet des étudiants que d’autres établissements n’accepteraient pas. Ce qui ne veut pas dire qu’il intègre n’importe qui.
Comment se fait-il que, dans une même ville, deux universités puissent mettre en œuvre deux politiques si différentes de recrutement des étudiants ?
On pourrait penser que cela tient à leur différence de statut. L’université de Montréal est privée, alors que l’autre est une université d’État, qui fait partie d’un réseau d’universités publiques, l’université du Québec. Mais cela ne suffit pas à (...)
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Notes
1| Le mot « professeur » est utilisé, au Québec, pour désigner tout enseignant-chercheur, qu’il ait ou non le titre de professeur.
2| En France, selon la nouvelle loi en vigueur, le président de l’université est élu à la majorité absolue des membres élus du conseil d’administration. Il exerce le pouvoir exécutif.
Sources de l'article
La rédaction de Books
Les journalistes de la rédaction de Books ne signent pas les articles publiés dans le magazine et sur le site web.






























Voilà ce à quoi devrait ressembler une université en France. Un mot cependant de la très longue grève qui a se termine à l'UQAM que cite l'auteur de l'article. http://www.uqamengreve.com/ http://spuqengreve.wordpress.com/ On parle de patronat au Québec quand on parle de son employeur. Les revendications ressemblaient beaucoup à celles des profs français. Alors le meilleur des mondes ?