Société & politique

Mercredi 29 avril 2009

Numéro 5

Imprimer cet article Envoyer cet article à un ami Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Facebook

Camille Limoges : « L’autonomie universitaire n’est pas ce que croient les Français »

Une bonne université doit laisser à chaque département la liberté de choisir ses étudiants et de recruter et évaluer ses enseignants-chercheurs. L’université, non le système des grandes écoles et des instituts de recherche publics, doit être le centre de gravité de l’enseignement supérieur et de la recherche.

camille-limoges.jpg
Le débat français sur l’université est centré sur la notion d’autonomie. Qu’est-ce qu’une vraie autonomie ?
D’abord le libre choix, par l’établissement, des étudiants et des professeurs. Commençons par les étudiants. Dans toutes les bonnes universités que je connais, un étudiant qui dépose sa candidature est accepté ou refusé, en fonction de normes établies non par l’État ni même d’ailleurs par l’université en tant que telle, mais au premier chef par le département universitaire, donc par les responsables de la discipline. En Amérique du Nord, ces normes diffèrent d’une université à l’autre. Par exemple, j’ai enseigné dans deux établissements au Québec. Dans l’un, les conditions d’entrée sont beaucoup plus sélectives. C’est que l’autre s’est explicitement donné une vocation plus populaire et, dans un esprit de démocratisation, admet des étudiants que d’autres établissements n’accepteraient pas. Ce qui ne veut pas dire qu’il intègre n’importe qui.

Comment se fait-il que, dans une même ville, deux universités puissent mettre en œuvre deux politiques si différentes de recrutement des étudiants ?
On pourrait penser que cela tient à leur différence de statut. L’université de Montréal est privée, alors que l’autre est une université d’État, qui fait partie d’un réseau d’universités publiques, l’université du Québec. Mais cela ne suffit pas à (...)

Pour accéder à cet article, vous pouvez :
- vous inscrire sur le site de Books pour découvrir librement trois contenus du journal : cliquez ici
- souscrire à notre offre d’essai web : pour 6,5€ tous nos articles et toutes nos archives accessibles gratuitement pendant un mois, cliquez ici
- vous abonner à Books : voir l’intégralité de nos offres ici
Déjà abonné ? Identifiez-vous

Commentaires
  • Voilà ce à quoi devrait ressembler une université en France. Un mot cependant de la très longue grève qui a se termine à l'UQAM que cite l'auteur de l'article. http://www.uqamengreve.com/ http://spuqengreve.wordpress.com/ On parle de patronat au Québec quand on parle de son employeur. Les revendications ressemblaient beaucoup à celles des profs français. Alors le meilleur des mondes ?

    Rédigé par : Jean-Paul Ragot le 03/05/2009

  • Identifiez vous pour pouvoir laisser un commentaire. Saisissez vos identifiants dans l'espace abonné ou inscrivez-vous en un clic

Notes

1| Le mot « professeur » est utilisé, au Québec, pour désigner tout enseignant-chercheur, qu’il ait ou non le titre de professeur.

2| En France, selon la nouvelle loi en vigueur, le président de l’université est élu à la majorité absolue des membres élus du conseil d’administration. Il exerce le pouvoir exécutif.

Sources de l'article

La rédaction de Books

Les journalistes de la rédaction de Books ne signent pas les articles publiés dans le magazine et sur le site web.

Pourquoi cet entretien ?

Quels que soient les critères retenus (résultats de la recherche, taux de réussite et d’intégration professionnelle des étudiants, retombées économiques, capacité d’attirer les étudiants étrangers), les systèmes de recherche et d’enseignement supérieur qui fonctionnent le mieux sont ceux dont le centre de gravité est constitué d’universités dotées d’une forte autonomie (1). Elles ont, en particulier, toute liberté pour choisir leurs étudiants, recruter leurs enseignants-chercheurs, les évaluer, les promouvoir ou s’en séparer. Elles ont également toute liberté pour délivrer leurs propres diplômes et organiser leur gestion. L’unité de base opérationnelle est le département universitaire (responsable d’une discipline), qui fixe le détail des critères de choix et de gestion des étudiants et des enseignants-chercheurs. Il n’y a pas de grandes écoles, et les instituts de recherche d’État ne jouent qu’un rôle limité. La recherche n’est pas financée par les universités mais par des agences indépendantes qui octroient des subventions à des chercheurs, au vu de projets examinés par des « pairs », y compris à l’étranger. Ce type de système étant orthogonal au système français, il nous a paru intéressant de demander à un expert québécois d’en exposer les principes. O. P.-V.

Tous les livres

Le Blog de Books

Tous les blogs

Le planisphère de Books

Articles, livres et auteurs par pays