Et le foot créa l’Afrique (suite)
Le Livre
Paysages du football africain. Comment un continent a changé les règles du jeu mondial
par Peter Alegi
Ohio Uiversity Press
Peter Alegi
( => Début de l'entretien)
Books : En se réappropriant ce sport, les colonisés n’en faisaient-ils pas un symbole de résistance ?
Peter Alegi : Il est arrivé que des clubs expriment leur opposition au pouvoir colonial, parfois ouvertement, parfois plus subtilement. Par exemple, le nom d’Al Ahly – l’un des clubs les plus titrés du continent, fondé en 1907 par des étudiants du Caire – signifie « national » en arabe. Dans les années 1920, l’adhésion au club fut réservée aux seuls Égyptiens, qui en firent un lieu de militantisme anticolonial.
Pendant la guerre d’Algérie, le FLN a formé une équipe « nationale » en exil composée des meilleurs professionnels algériens jouant jusqu’alors en France. Elle a contribué à populariser encore davantage le Front et à promouvoir sa cause à l’échelle internationale. À la même époque, les ligues et organisations noires du football sud-africain commencèrent à défier le régime de l’apartheid, jusqu’à obtenir la suspension du pays de la Fédération internationale de football (Fifa) en 1961, une victoire importante dans la lutte contre ce système au niveau international.
Après les indépendances, le football a-t-il continué à alimenter le nationalisme ?
Le football est (...)
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