Société & politique

Lundi 22 février 2010

Numéro 12

Imprimer cet article Envoyer cet article à un ami Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Facebook

Iran : un test négatif

En Iran aujourd’hui, comme en Birmanie en 2007, les médias sociaux ont bon dos. L’État les a retournés à son profit.

Le Livre

À chacun de jouer. Le pouvoir d’organiser sans organisations
couv-shirky.jpg

L’Américain Clay Shirky enseigne sur les réseaux sociaux à l’université de New York. Spécialiste des effets économiques et sociaux d’Internet, il est aussi consultant pour de grandes entreprises et des institutions. Son livre Here Comes Everybody. The Power of Organizing Without Organizations (« À chacun de jouer. Le pouvoir d’organiser sans organisations ») est au cœur de notre dossier « Internet contre la démocratie ? ».

par Clay Shirky

Penguin Press

dossier-3.jpg
Comme Shirky, je considère les événements en Iran comme un test décisif de l’importance croissante des médias sociaux dans les sociétés autoritaires. Mais je diverge sur l’interprétation des développements politiques actuels en Iran.

Je suis beaucoup moins impressionné que Shirky par le rôle que les médias sociaux y ont joué. L’enthousiasme numérique tangible concernant la situation en Iran rappelle fort celui que nous avions observé à l’automne 2007 lors de la « révolution safran » en Birmanie. De la même façon, cette révolution était encouragée par les téléphones portables et les SMS, et l’on pensa qu’elle allait affaiblir la junte. Aujourd’hui, il faudrait une loupe fortement grossissante pour déceler la moindre évolution démocratique dans ce pays.

Une des lectures possibles de la situation à Téhéran est la suivante : en dépit de la mobilisation politique facilitée par les médias sociaux, le gouvernement a non seulement survécu, mais il est devenu encore plus autoritaire. Les évolutions qui ont lieu actuellement sont loin d’être positives : une fuite des cerveaux catastrophique, une répression violente des étudiants contestataires qui ont choisi de rester, la persécution des journalistes et des blogueurs critiques, la nomination de ministres plus conservateurs et une pression croissante sur les hommes politiques de l’opposition. De ce (...)

Pour accéder à cet article, vous pouvez :
- vous inscrire sur le site de Books pour découvrir librement trois contenus du journal : cliquez ici
- souscrire à notre offre d’essai web : pour 6,5€ tous nos articles et toutes nos archives accessibles gratuitement pendant un mois, cliquez ici
- vous abonner à Books : voir l’intégralité de nos offres ici
Déjà abonné ? Identifiez-vous

Commentaires
Bibliographie
En français

Patrice Flichy, L’Imaginaire d’Internet, La Découverte, 2001. Une « analyse des utopies fondatrices d’Internet »?; « Internet, un outil de la démocratie?? », La vie des idées.fr, janvier 2008.

Pierre Gourdain et al., La Révolution Wikipédia, Les encyclopédies vont-elles mourir??, préface de Pierre Assouline, Mille et une nuits, 2007.

Pierre Haski, Internet et la Chine, Seuil, 2008.

Aziv Lev-On et Bernard Manin, « Internet : la main invisible de la délibération », Esprit, mai 2006.

Et le dossier de Books, « Internet rend-il encore plus bête?? », juillet-août 2009.

En anglais


Andrew Lih, The Wikipedia Revolution, Aurum, 2009. Un panégyrique de Wikipédia.

Mathieu O’Neil, Cyberchiefs, Pluto Press, 2009. Sur les rapports d’autorité dans les « tribus » en ligne.

Howard Rheingold, Smart Mobs. The Next Social Revolution, Basic Books, 2003. Un classique du cyberoptimisme.

John Robb et James Fallows, Brave New War, Wiley, 2007. Sur l’utilisation du Web par les terroristes.

En allemand

Susanne Gaschke, Klick-Strategien gegen die digitale Verdummung, Herder, 2009. Une critique de l’idéologie numérique
Sources de l'article

Prospect

Tous les livres

L'auteur de l'article

Evgueni Morozov

morozov-portrait.jpg

D’origine biélorusse, Evgueni Morozov vit aux États-Unis. Après avoir travaillé pour une ONG d’aide au développement des médias dans l’ancien bloc soviétique, il enseigne aujourd’hui à l’université de Georgetown et anime l’influent blog Net Effect, consacré aux effets politiques d’Internet, sur le site du magazine Foreign Policy : http://neteffect.foreignpolicy.com/

De cet auteur

Dans ce dossier

Internet contre la démocratie ?

Présentation - Pour en finir avec le cyberoptimisme

Tim Berners-Lee a inventé le Web l’année de la chute du Mur de Berlin, deux ans avant la fin de l’apartheid. Il se persuada très tôt du rôle positif, voire révolutionnaire, que ce nouvel instrument (...)

Lire la suite

Le Web au service des dictatures

Il est de bon ton d’affirmer qu’Internet et les réseaux sociaux font progresser l’idée démocratique. Mais l’expérience montre que les États autoritaires, d’abord pris de court, savent désormais (...)

Lire la suite

Iran : un test positif

Clay Shirky reconnaît avoir péché par optimisme. Mais il estime qu’Internet est capable, comme le montre l’expérience iranienne, d’inoculer à un régime autoritaire une « maladie technologique (...)

Lire la suite

Wikipédia, le grand bazar de la connaissance

Le succès de Wikipédia est aussi phénoménal qu’imprévu. Le « projet d’encyclopédie libre que vous pouvez améliorer » reçoit 330 millions de visiteurs par mois dans le monde. (...)

Lire la suite

« Wikipédia, où est ta démocratie ? »

Pour beaucoup d’internautes, l’encyclopédie illustre un processus de démocratisation du savoir. Mais la part d’illusion est grande.

Lire la suite

« L'idée d'une encyclopédie mondiale », par H.G. Wells

En complément à l'article « Wikipédia, le grand bazar de la connaissance », Books propose en exclusivité à ses abonnés un texte inédit du grand écrivain britannique H.G. Wells. Ce maître (...)

Lire la suite

Blog

Tous les blogs

Le planisphère de Books

Articles, livres et auteurs par pays