Iran : un test positif
Clay Shirky reconnaît avoir péché par optimisme. Mais il estime qu’Internet est capable, comme le montre l’expérience iranienne, d’inoculer à un régime autoritaire une « maladie technologique auto-immune ».
Le Livre
À chacun de jouer. Le pouvoir d’organiser sans organisations
L’Américain Clay Shirky enseigne sur les réseaux sociaux à l’université de New York. Spécialiste des effets économiques et sociaux d’Internet, il est aussi consultant pour de grandes entreprises et des institutions. Son livre Here Comes Everybody. The Power of Organizing Without Organizations (« À chacun de jouer. Le pouvoir d’organiser sans organisations ») est au cœur de notre dossier « Internet contre la démocratie ? ».
par Clay Shirky
Penguin Press
© J-P. Cagnat
Permettez, d’abord, un acte de foi élémentaire : la vie civique n’étant pas créée par la seule action des individus, mais par celle de groupes, la multiplication des téléphones mobiles et des connexions Internet va la remodeler, en changeant la façon dont les membres de la société interagissent.
Certes, l’argument ne dit rien ou pas grand-chose du rythme, du mode ou de la forme finale que prendra cette transformation. Il existe un grand nombre de scénarios possibles, plus ou moins optimistes. Cependant, l’analyse de Morozov est une réaction à un courant spécifique de l’utopisme d’Internet. Selon ce modèle, l’effet des médias sociaux sur la vie des citoyens des régimes autoritaires sera rapide, irrépressible et positif – une sorte de 1989 numérique. Il nous conduit à anticiper l’importance des médias sociaux dans la démocratisation rapide de toute société.
L’argument est simpliste, et j’admets avoir contribué à le nourrir en analysant les mécanismes par lesquels les citoyens peuvent coordonner l’action collective, sans faire état de la façon dont l’action publique visible fournit aussi aux régimes répressifs de nouvelles modalités de riposte. Morozov a raison de me (...)
Pour accéder à cet article, vous pouvez :
- vous inscrire sur le site de Books pour découvrir librement trois contenus du journal : cliquez ici
- souscrire à notre offre d’essai web : pour 6,5€ tous nos articles et toutes nos archives accessibles gratuitement pendant un mois, cliquez ici
- vous abonner à Books : voir l’intégralité de nos offres ici
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Commentaires
-
Identifiez vous pour pouvoir laisser un commentaire. Saisissez vos identifiants dans l'espace abonné ou inscrivez-vous en un clic
Bibliographie
Patrice Flichy, L’Imaginaire d’Internet, La Découverte, 2001. Une « analyse des utopies fondatrices d’Internet »?; « Internet, un outil de la démocratie?? », La vie des idées.fr, janvier 2008.
Pierre Gourdain et al., La Révolution Wikipédia, Les encyclopédies vont-elles mourir??, préface de Pierre Assouline, Mille et une nuits, 2007.
Pierre Haski, Internet et la Chine, Seuil, 2008.
Aziv Lev-On et Bernard Manin, « Internet : la main invisible de la délibération », Esprit, mai 2006.
Et le dossier de Books, « Internet rend-il encore plus bête?? », juillet-août 2009.
En anglais
Andrew Lih, The Wikipedia Revolution, Aurum, 2009. Un panégyrique de Wikipédia.
Mathieu O’Neil, Cyberchiefs, Pluto Press, 2009. Sur les rapports d’autorité dans les « tribus » en ligne.
Howard Rheingold, Smart Mobs. The Next Social Revolution, Basic Books, 2003. Un classique du cyberoptimisme.
John Robb et James Fallows, Brave New War, Wiley, 2007. Sur l’utilisation du Web par les terroristes.
En allemand
Susanne Gaschke, Klick-Strategien gegen die digitale Verdummung, Herder, 2009. Une critique de l’idéologie numérique
Sources de l'article
Prospect



























